‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome second. 6Chapitre 108 sur 219 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

suspecter les sentiments de l’empereur, était entré avec la France dans une alliance secrète, par laquelle il espérait s’assurer la possession de l’électorat palatin contre un futur changement de dispositions de Ferdinand. Si clairement que l'origine de ce traité fit connaître contre quel ennemi il avait été conclu, Maximilien l'étendait maintenant, d’une manière assez arbitraire, aux attaques du roi de Suède, et n’hésitait point à réclamer contre ce monarque, allié de la France, les mêmes secours qu’on lui avait promis seulement contre l’Autriche. Richelieu, jeté dans l’embarras par cette alliance contradictoire avec deux puissances opposées l’une à l’autre, ne vit pour lui d’autre expédient que de mettre une prompte fin à leurs hostilités; et, hors d’état, à cause de son traité avec la Suède, de protéger la Bavière , tout aussi peu disposé à la livrer, il s’employa avec une extrême ardeur pour la neutralité, comme étant le seul moyen de satisfaire à son double engagement. Un plénipotentiaire particulier, le marquis de Brézé, fut envoyé, à cet effet, au roi de Suède, à Mayence, afin de sonder sur ce point ses dispositions, et d’obtenir de lui pour les princes alliés des conditions favorables. Mais, si Louis XIII avait des raisons importantes pour souhaiter de voir cette neutralité établie, Gustave- Adolphe en avait d’aussi solides pour désirer le contraire. Convaincu par des preuves nombreuses que l’horreur des princes de la ligue pour la religion protestante était invincible, leur haine pour la puissance étrangère des Suédois implacable, leur attachement à la maison d’Autriche indestructible : il redoutait beaucoup moins leur hostilité ouverte, qu’il ne se défiait d'une neutralité si opposée à leur inclination. D’ailleurs se voyant contraint, placé, comme il l'était, sur le territoire allemand, de poursuivre la guerre aux dépens des ennemis, c’était pour lui une perte manifeste de diminuer le nombre de ses ennemis déclarés, sans acquérir par là de nouveaux amis. 11 n’est donc pas étonuant que Gustave-Adolphe laissât paraître peu d’empressement à acheter, par le sacrifice des avantages qu’il avait remportés, la neutralité des princes catholiques, qui lui était d’un si faible secours.

Les conditions auxquelles il accordait la neutralité à l’électeur de Bavière, étaient dures et conformes à celte manière de voir.

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