Dans la première édition : « Kegnitz
252 HISTOIRE DE LA GUERRE DE TRENTE ANS. dans les mains des Suédois , avec la ville où il s’était arrêté; l'escorte impériale fut taillée en pièces , près de douze cents têtes de bétail furent enlevées , et mille voitures chargées de pain, qu'il n’élait pas facile d’emmener , furent brûlées. Sept régiments , que le duc de Friedland avait fait avancer vers Altdorf , pour protéger le convoi impatiemment attendu , furent, après un combat opiniâtre, dispersés par le roi, qui s’était également avancé pour couvrir la retraite des siens , et repoussés dans le camp impérial , avec une perte de quatre cents hommes. Tant de contrariétés, et la fermeté du roi, si peu prévue de Friedland, lui firent regretter d’avoir laissé échapper l’occasion d’une bataille. Maintenant la force du camp suédois rendait toute attaque impossible , et la jeunesse armée de Nuremberg était pour le roi une fertile école militaire, au moyen de laquelle il pouvait réparer à l’instant toutes ses pertes. Le défaut de vivres ne se faisait pas moins sentir dans le camp impérial que dans le camp suédois, et il était au moins très-difficile de prévoir quel serait celui des deux partis qui forcerait l’autre à quitter le premier sa position.
Les deux armées étaient déjà restées quinze jours en présence, couvertes par des retranchements également inexpugnables , sans risquer rien de plus que de légères courses et d’insignifiantes escarmouches. De part et d'autre, des maladies contagieuses, suite naturelle de la mauvaise nourriture et de l’entassement des troupes, avaient plus enlevé de monde que le fer de l’ennemi , et la détresse croissait de jour en jour. Enfin les secours, longtemps attendus, parurent dans le camp suédois , et ces renforts considérables permirent au roi d'obéir à sa bravoure naturelle et de briser les chaînes qui l’avaient retenu jusqu’alors.
Conformément à son invitation, le duc Guillaume de Weimar avait formé, en toute hâte, au moyen des garnisons de la basse Saxe et de la Tliuringe, un corps d’armée, auquel se joignirent, en Franconie, quatre régiments saxons, et bientôt après, sous Kitzingen , les troupes du Rhin, que le landgrave Guillaume de Hesse-Cassel et le comte palatin de Birkenfeld envoyaient au secours du roi. Le chancelier Oienstiern se chargea de conduire cette armée combinée au lieu de sa destination. Après avoir