Réunion de la Redmtx et de 1a Pegnitz
2 bit HISTOIRE DE I<A C.UERRE DE TRENTE ANS.
s’étonner si ces nations errantes affamaient tous les cantons où elles séjournaient, et si cette multitude superflue faisait monter à des prix excessifs les choses nécessaires à la vie. Les moulins autour de Nuremberg ne suffisaient pas à moudre le grain que chaque journée consommait, et cinquante mille livres de pain, que la ville livrait par jour au camp, irritaient la faim sans la satisfaire. Les soins vraiment admirables des magistrats de Nuremberg ne purent empêcher qu’une grande partie des chevaux ne périt par le manque de fourrage , et que la violence croissante des épidémies ne mit chaque jour plus de cent hommes au tombeau.
Pour mettre un terme à ces soulfrançes, Gustave-Adolphe, plein de confiance en la supériorité de ses forces , sortit enfin de ses lignes le cinquante-cinquième jour, se présenta à l’ennemi en ordre de bataille , et fit canonner le camp de Friedland par trois batteries , dressées sur le bord de la Rednitz. Mais le duc resta immobile dans ses retranchements, et se contenta de répondre de loin à ce défi avec le feu des mousquets et des canons. Consumer le roi par l’inaction et vaincre sa persévérance par la famine était sa résolution mûrement réfléchie; et aucune représentation de Maximilien , aucune marque d’impatience de l’armée, aucune raillerie de l’ennemi, ne purent ébranler cette résolution. Trompé dans son espérance , et pressé par le progrès de la disette, Gustave-Adolphe voulut alors risquer l’impossible, et le dessein fut formé d’assaillir ce camp, que l’art et la nature rendaient également inexpugnable.
Après avoir confié la défense du sien à la milice de Nuremberg, il sortit en ordre de bataille, le jour de la Saint-Barthélemy, le cinquante-huitième depuis que l’armée avait occupé ses retranchements, et il passa la Rednitz près de Fürth, où il eut peu de peine à faire plier les avant-postes. Sur les hauteurs escarpées, situées entre la Biber et la Rednitz, et nommées le Vieux-Fort et Altenberg, était posté le corps principal de l’ennemi, et le camp même, commandé par ces hauteurs, s’étendait à perte de vue dans la campagne. Toute la force de l’artillerie était rassemblée sur ces collines. Des fossés profonds entouraient des remparts inaccessibles; d’épais abatis et des palissades aiguës fermaient les abords de la montagne escarpée, du