La première édition ajoute : « Comme un simple intérim
amené aux frontières de l'Allemagne l’élite des forces espagnoles. Comme elles seraient liien vite au cœur de l’empire, si un coup décisif les y rendait nécessaires ! L’Allemagne était alors connue une place de recrutement pour presque toutes les puissances européennes. La guerre de religion y avait amassé des soldats, que la paix laissait sans pain. 11 était facile à tant de princes indépendants les uns des autres , de réunir des troupes, qu’ils louaient ensuite à des puissances étrangères, soit par l’appât du gain , soit par esprit de parti. Philippe II attaqua les Pays-Bas avec des troupes allemandes , et ils se défendirent avec des troupes allemandes. En Allemagne , des levées de ce genre alarmaient toujours un des deux partis : elles pouvaient tendre à son oppression. Un envoyé qui parcourait le pays, un légat extraordinaire du pape , une conférence de princes , enfin toute nouveauté, était nécessairement une menace pour les uns ou pour les autres. Ainsi vécut l’Allemagne pendant un demi-siècle , toujours la main sur l’épée : le moindre bruit de feuille effrayait.
Ferdinand I", roi de Hongrie , et son excellent fils, Maximilien II, tinrent, durant cette époque difficile, les rênes de l’Empire. Avec un coeur plein de droiture, avec une patience vraiment héroïque, Ferdinand avait ménagé la paix d’Augsbourg, et prodigué inutilement sa peine pour réunir les deux Eglises dans le concile de Trente. Abandonné par son neveu , Philippe d’Espagne, pressé à la fois en Hongrie et en Transylvanie par les armes victorieuses des Turcs , comment cet empereur aurait-il pu songer à violer la paix de religion et à détruire luimême son laborieux ouvrage? Les faibles ressources de ses domaines épuisés ne pouvaient suffire aux frais considérables de cette guerre des Turcs, toujours renaissante : il fallait recourir à l’assistance de l’Empire, dont la paix de religion tenait seule encore réunis en un même corps les membres divises. L’état des finances de Ferdinand lui rendait les protestants aussi nécessaires que les catholiques , et lui imposait par conséquent l’obligation de traiter les uns et les autres avec une égale justice : au milieu de leurs prétentions si contraires, c’était un véritable travail de géant. Aussi le succès fut loin de répondre a ses vœux; et sa condesceudunce envers les protestants ne ser-