‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome second. 6Chapitre 179 sur 219 · Dans la première édition : «■ Duttlingen · texte numérisé non relu

Dans la première édition : «■ Duttlingen

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et qui avait été, depuis quelque temps, échangé contre Gustave Horn, conduisit l’entreprise, et l’exécuta avec un bonheur audessus de toute espérance.

L’attaque se fit du côté où, à cause des bois et des nombreux défilés, on pouvait le moins s’y attendre, et une forte neige , qui tombait ce jour-là (24 novembre 1643), cacha l’approche de l’avant-garde, jusqu'au moment où elle fit halte, en vue de Tuttlingen. Toute l’artillerie, laissée hors de la ville, et le ch.lteau de Honbourg ', situé dans le voisinage, sont pris sans résistance. Tuttlingen est investi tout entier par l’armée, qui arrive peu à peu, et toute coiuRumjcation avec les cantonnements ennemis, dispersés dans les villages d'alentour, est sans bruit et subitement interceptée. Ainsi les Français étaient déjà vaincus avant qu’on eût tiré un seul coup de canon. La cavalerie dut son salut à la vitesse de ses chevaux, et à quelques minutes d’avance qu’elle eut sur l’ennemi qui la poursuivait. L'infanterie fut taillée en pièces ou mit bas les armes volontairement. Environ deux mille hommes restèrent sur la plape; sept mille se rendirent prisonniers avec vingt-cinq officiers de l'état-major et quatre-vingt-dix capitaines. Ce fut dans toute cette guerre la seule bataille qui produisit à peu près la môme impression sur le parti perdant et le parti gagnant : l’un et l’autre étaient Allemands, et les Français s’étaient couverts de honte. Le souvenir de cette malheureuse Journée , laquelle se renouvela à Rosbach un siècle plus tard , fut, il est vrai, effacé dans la suite par le3 exploits héroïques d’un Turenne et d'un Condé; mais on ne pouvait en vouloir aux Allemands de se dédommager, par une chanson populaire sur la valeur française, des malheurs que la politique française accumulait sur eux.

Cette défaite des Français aurait pu cependant devenir trèsfuneste aux Suédois, toutes les forces de l’empereur s’étant dès lors portées contre eux, et un nouvel ennemi s’étant ajouté en ce temps-là même à ceux qu’ils avaient déjà. Au mois de septembre 1643, Torstensohn avait quitté subitement la Moravie, et avait marché sur la Silésie. Personne ne savait la cause de son départ, et la direction , souvent changée, du sa marche ,

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