LIVRE CINQUIÈME
Dans la Messe appauvrie, la plus affreuse diselte accabla son armée, tandis que Wrangel rassemblait de nouvelles forces dans le Luncbourg et remontait ses régiments. Beaucoup trop faible pour défendre ses mauvais cantonnements, quand le général suédois ouvrit la campagne, dans l’biver de 1648, et marcha sur la Hesse, il lui fallut se retirer honteusement et chercher son salut sur les bords du Danube.
La France avait de nouveau trompé l’attente des Suédois, et retenu sur le Rhin, malgré toutes les invitations de Wrangel, l’armée de Turenne. Le général suédois s’était vengé en attirant à lui la cavalerie de Weimar, qui renonça au service de la France; mais, par cette démarche, il avait fourni un nouvel aliment à la jalousie de cette couronne. Enfin Turenne obtint la permission de se joindre aux Suédois, et les deux armées réunies ouvrirent alors la dernière campagne de cette guerre. Elles poussèrent devant elles Mélander jusqu’au Danube, jetèrent des vivres dans Égra, qui était assiégé par les Impériaux, et battirent au delà du Danube l’armée impériale et bavaroise, qui leur avait fait tête près de Zusmarshausen'. .Mélander reçut dans cette action une blessure mortelle, et le général bavarois de Gronsfeld se posta, avec le reste de l’armée, au delà du Lech, pour défendre la Bavière contre une invasion ennemie.
Mais Gronsfeld ne fut pas plus heureux que Tilly, qui , dans le même poste, avait sacrifié sa vie pour le salut de la Bavière. Wrangel et Turenne choisirent pour leur passage la place même qu’avait signalée la victoire de Gustave-Adolphe, et exécutèrent leur manœuvre en profitant du môme avantage qui avait favorisé le roi. Alors la Bavière fut de nouveau envahie, et la rupture de l’armistice expiée par les plus cruels traitements exercés sur les sujets bavarois. Maximilien se cacha dans Salzbourg, tandis que les Suédois passaient l’Isar et pénétraient jusqu'à l’Inn. Une pluie violente et continuelle qui, en quelques jours, changea cette rivière peu considérable en un torrent furieux, sauva encore une fois l’Autriche d’un péril imminent. Dix fois l’ennemi essaya de jeter sur l’Inn un pont de bateaux, et dix fois le torrent le détruisit. Jamais, dans toute cette guerre, l’effroi