‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome second. 6Chapitre 186 sur 219 · I. Dans la première èilitiun : « Susmarshauacn · texte numérisé non relu

I. Dans la première èilitiun : « Susmarshauacn

SCHILLER. — IIIST. II 25

386 HISTOIRE DE LA GUERRE DE TRENTE ANS. des catholiques n'avait été aussi grand qu'à ce moment, où les ennemis étaient au centre de la Bavière, sans qu’il restât un seul général qu’on pùt opposer à un Turenne, à un Wrangel, à un Rœnigsmark. Enlin parut l’héroïque Piccolomini , qui vint des Pays-Bas pour commander les faibles restes de l'armée impériale. Les alliés, par leurs ravages dans la Bavière, s’étaient rendu difficile à eux-mémes un plus long séjour dans ce pays, et la disette les força de se retirer vers le haut Palatinat, où la nouvelle de la paix mit tin à leurs travaux.

Rœnigsmark, avec son corps de troupes légères, s’était dirigé vers la Bohême, où Ernest Odowalsky, capitaine de cavalerie licencié, mutilé au service de l’Autriche, puis congédié sans récompense, lui suggéra un plan pour surprendre le petit côté de Prague. Rœnigsmark l’exécuta heureusement, et, par là, il eut la gloire d’avoir terminé la guerre de trente ans par la dernière action d’éclat. Ce coup décisif, qui mit enfin un terme à l’irrésolution de l’empereur, ne coûta aux Suédois qu’un seul homme. Mais la vieille ville, la plus grande moitié de Prague, séparée de l’autre par la Moldau, lassa encore, par sa vive résistance, le comte palatin Charles-Gustave, le successeur de Christine, qui était arrivé de Suède avec des troupes fraîches, et qui rassembla toutes les forces suédoises de Bohême et de Silésie devant les murs de Prague. L’approche de l’hiver chassa enfin les assiégeants dans leurs quartiers , où les atteignit le message de la paix signée à Osnabrück et à Munster le 24 octobre.

Ouelle œuvre de géants ce fut de conclure cette paix inviolable et sacrée, célèbre sous le nom de paix de Westphalie; quels obstacles, qui semblaient infinis, étaient à vaincre; quels intérêts opposés étaient à concilier; quelle suite d'incidents devait concourir à terminer cette œuvre difficile, précieuse et durable, de la politique; ce qu’il en coûta seulement pour ouvrir les négociations; ce qu’il en coûta pour les continuer, une fois ouvertes, au milieu des vicissitudes de la guerre incessante; ce qu’il en coûta pour mettre le sceau à la paix réellement conclue, et pour l’exécuter, solennellement proclamée; quelle fut enfin la substance de cette paix; ce qui fut gagné ou perdu par chacun des combattants, après trente années d’efforts et de souffrances, et quels biens ou quels maux la société européenne tout

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