‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome second. 6Chapitre 2 sur 219 · Dans le texte allemand : « La paix de Munster · texte numérisé non relu

Dans le texte allemand : « La paix de Munster

plus grands États, comme les plus petits, en ont éprouvé l’influence.

La maison d'Espagne n’employa guère son énorme puissance qu’à combattre les nouvelles opinions ou leurs adhérents. C’est par la réformation que fut allumée la guerre civile qui, sous quatre règnes orageux, ébranla la France jusque dans ses fondements , attira les armes étrangères dans le cœur de ce royaume, et en fit, pendant un demi-siècle, le théâtre des plus déplorables bouleversements. C’est la réformation qui rendit le joug espagnol insupportable aux Pays-Bas ; c’est elle qui éveilla chez ce peuple le désir et le courage de s’en délivrer, et lui en donna, en grande partie, la force. Dans tout le mal que Philippe II voulut faire à la reine Élisabeth d'Angleterre, son seul but fut de se venger de ce qu’elle protégeait contre lui ses sujets protestants, et s’était mise à la tête d’un parti religieux qu'il s’etTorçait d'anéantir. En Allemagne, le schisme dans l'Église eut pour conséquence un long schisme politique, qui livra, il est vrai, ce pays à la confusion durant plus jl’un siècle, mais qui éleva en même temps un rempart durable contre la tyrannie. Ce fut en grande partie la réformation qui la première fit entrer les royaumes du Nord , la Suède et le Danemark , dans le système européen , parce que leur accession fortifiait l’alliance protestante, et que cette alliance leur était à eux-mêmes indispensable. Des États qui, auparavant, existaient à peine les uns pour les autres, commencèrent à avoir, grâce à la réformation, un point de contact important, et à s’unir entre eux par des liens tout nouveaux de sympathie politique. De même que la réformation changea les rapports de citoyen à citoyen , et ceux des souverains avec leurs sujets, de même des États entiers entrèrent, par son influence , dans des relations nouvelles les uns avec les autres ; et ainsi , par une marche singulière des choses, il fut réservé à la division de l’Église d’amener l'union plus étroite des États entre eux. A la vérité, cettœ commune sympathie politique s’annonça d’abord par un effet terrible et funeste : par une guerre de trente ans, guerre dévastatrice, qui, du milieu de la Bohême jusqu’à l’embouchure de l'Escaut, des bords du Pô jusqu’à ceux de la mer Baltique, dépeupla des contrées, ravagea les moissons, réduisit les villes et les villages

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