‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome second. 6Chapitre 209 sur 219 · PLACÉ EN TÊTE DD TOME I DE LA II* PARTIE · texte numérisé non relu

PLACÉ EN TÊTE DD TOME I DE LA II* PARTIE

DES MEMOIRES HISTORIQUES*

Le mérite de ce» mémoires du duc de Sully est trop généralement connu pour avoir encore besoin d’élre apprécié ici.

Ils nous donnent les éclaircissements les plus précieux sur la vie intime et la vie publique d'un excellent roi et de son excellent ministre , et répandent une vive lumière sur l'histoire de France, depuis l'an 1570 jusqu’à la régence de Marie de Médicis, c'est-à-dire sur une des époques les plus importantes de cette histoire.

Mais peut-être est-il besoin que nous nous excusions de ne pas donner ces mémoires d'après l'ancien original, qui est connu sous le titre singulier dVlFconomies royales et servitudes loyales, mais d'après le remaniement moderne d'un écrivain français plus récent. Plus d'un, regrettant peut-être le Ion particulier qui règne dans l’œuvre originale, et même la forme antique et étrange dont elle est revêtue, ne croira pas que cette perle soit suffisamment rachetée par le travail du nouvel éditeur, et les changements que celui-ci s'est permis de faire à son texte pourront bien paraître beaucoup trop hardis. Kt, en effet, l’on n'aurait pas tort déjuger ainsi, s'il y avait la moindre vraisemblance que l'original soit sorti de la plume du duc de Sully; car un grand homme, sous le vêtement même le plus singulier, a droit à notre respect. Mais, comme on reconnaît, à des marques évidentes, que cet écrit, bien qu’il émane de la source la plus pure, n'a reçu sa forme propre que de la main des secrétaires de Sully, la perle n'est plus, en réalité, si considérable, ou, du moins, elle est grandement compensée par les améliorations introduites dans l’ouvrage. L’éditeur français a bien mérité de ces mémoires, tant pour la disposition de la matière que pour l'élocution. La confusion désordonnée où se trouvent dans l'original lous les éléments de cette histoire, et qui lasse

1. Ce tome I renferme la première partie des Mémoires de Sully, en tête desquels Schiller a mis, comme introduction, l'Ilistoire des troubles qui procédèrent en Fronce le règne de llenri IV. (Voyez plus haut, p. 419.1

APPENDICE

rait nécessairement le plus respectueux lecteur de l'œuvre de Sully, a engagé le nouvel éditeur à refondre entièrement, en ménageant de son mieux tout ce qui est caractéristique, son texte primitif; il lier entre elles les diverses parties d'une manière plus intéressante et plus convenable, et à les dégager de tout ce qui y est étranper. Il s'est permis, en outre, de faire parler de soi le narrateur à la première personne, tandis que, par une étrange tournure, il parait, dans l’écrit original, se parler à lui-méme. Le style, qui, dans l'ancien écrit, parcourt toutes les .nuances, depuis le bas et le plat, jusqu'à la solennité et à l’enflure, et qui est souvent obscurci par des périodes à perte de vue, et cause une intolérable fatigue par sa prolixité, a gagné, sous la plume du nouvel éditeur, cette tenue et cette unité qui répondent à la dignité du sujet, et font que l’ouvrage, sous sa nouvelle forme, est d'une lecture très-attrayante. C'est aussi de l’éditeur français que sont les éclaircissements relatifs aux personnes qui figurent dans les mémoires. Quant aux considérations que ses égards, trop scrupuleux, pour la religion de sa patrie, lui ont dictées dans ses remarques, on a cru les pouvoir épargner, dans la traduction, aux lecteurs allemands.

Tout l'ouvrage paraîtra en six tomes, qui se suivront rapidement, et il devra être achevé pour la foire de Saint-Michel de 1792. L’introduction, qui embrasse, dans un court exposé, toute l'histoire de la Ligue', accompagnera les divers volumes de ces mémoires, et sera continuée jusqu’à l'époque où finit cette association. Dans la rédaction de cette histoire, Brantôme, Castelnau, do Thou et d'autres, et pour la disposition do la matière, Y Esprit île la Ligue de M. Anquetil, ont été mes guides.

FnftDÉRIC SCHtLI.EH.

Iéna, au temps de la foire de Pâques, 1791.

1. Ou plus exactement l’fftjloi'rc des Iraublet qui précédèrent en France te règne de Henri IV. (Voyez la première note de cet avertissement.)

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