‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome second. 6Chapitre 52 sur 219 · SCIUU.ER. — II1ST · texte numérisé non relu

SCIUU.ER. — II1ST

traint par les nécessités du temps et des circonstances, son penchant se soumit au devoir supérieur du monarque , et l’héroïque vertu reprit tout son empire sur un cœur qui n'était pas destiné à se renfermer dans le paisible bonheur de la vie privée.

Christian IV de Danemark, qui était déjà roi avant que Gustave vit le jour, avait attaqué les frontières suédoises, et remporté sur le père de ce héros d’importants avantages. Gustave- Adolphe se hâta de mettre lin à cette guerre funeste, et acheta la paix par de sages sacrifices , afin de tourner ses armes contre le czar de Moscou. Jamais, pour aspirer à la gloire équivoque des conquérants, il ne fut tenté de prodiguer le sang de ses peuples dans des guerres injustes; mais jamais il ne recula devant une guerre légitime. Ses armes furent heureuses contre la Russie, et le royaume de Suède s’accrut, vers l'orient, de provinces importantes.

Cependant Sigismond, roi de Pologne, nourrissait contre le fils les sentiments hostiles auxquels le père avait donné de justes motifs : il ne négligea aucun artifice pour ébranler la fidélité des sujets de Gustave, refroidir ses amis et rendre ses ennemis irréconciliables. Ni les grandes qualités de son adversaire, ni les témoignages multipliés de dévouement que la Suède donnait à son souverain adoré , ne purent guérir ce prince aveuglé de la folle espérance de remonter un jour sur le trône qu’il avait perdu. Il repoussa dédaigneusement toutes les propositions de paix de Gustave , et ce héros , ami de la paix , se vit entraîné malgré lui dans une longue guerre avec la Pologne, durant laquelle, peu à peu , toute la Livonie et la Prusse polonaise furent soumises à la domination suédoise. Toujours vainqueur, Gustave-Adolphe était toujours le premier prêt à tendre la main pour la paix.

Cette lutte entre la Suède et la Pologne eut lieu au commencement de la guerre de Trente ans en Allemagne, et se trouve liée avec elle. Il suffisait que le roi Sigismond fût catholique, et disputât la couronne de Suède à un prince protestant, pour qu’il pût se tenir assuré du concours le plus actif de l'Espagne et de l’Autriche. Un double lien de parenté avec l'empereur lui donnait encore un droit plus particulier à sa protection. Aussi ce fut surtout sa confiance en un si puissant soutien qui encoura-

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