‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome second. 6Chapitre 65 sur 219 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

était nécessaire. Il méditait d'assurer la succession impériale à son (ils Ferdinand, élu roi de Hongrie, et le consentement de Maximilien lui était pour cela indispensable. Cette affaire lui tenait plus au cœur que toutes les autres, et il ne craignit pas de sacritier son serviteur le plus considérable pour obliger l'électeur de Bavière.

A cette même diète de Ratisbonne, il se trouvait aussi des envoyés français munis de pleins pouvoirs pour arrêter une guerre qui menaçait de s’allumer en Italie entre l’empereur et leur maître. Le duc Vincent de Mantoue et de Montferrat était mort sans enfants. Son plus proche parent, Charles, duc de Nevers, avait pris aussitôt possession de cet héritage, sans rendre à l'empereur l’hommage qui lui était dû en qualité de seigneur suzerain de ces principautés. Appuyé sur les secours de la France et de Venise, il s’obstinait dans le refus de remettre ces pays entre les mains des commissaires impériaux, jusqu’à ce qu’on eût prononcé sur la validité de ses droits. Ferdinand prit les armes, excité par les Espagnols, qui, possesseurs de Milan, trouvaient fort dangereux le proche voisinage d’un vassal de la France, et saisissaient avec empressement l’occasion de faire des conquêtes dans cette partie de l'Italie avec le secours de l’empereur. Malgré toutes les peines que se donna le pape Urbain VIII pour éloigner la guerre de ces contrées , l’empereur envoya au delà des Alpes une armée allemande, dont l'apparition inattendue jeta l’épouvante dans tous les États italiens. Ses armes étaient partout victorieuses en Allemagne quand cela arriva en Italie, et la peur, qui grossit tout, crut voir revivre soudain les anciens projets de monarchie universelle formés par l'Autriche. Les horreurs de la guerre, qui désolaient l'Empire, s'étendirent alors dans les heureuses campagnes arrosées par le l’ô. La ville de Mantoue fut prise d’assaut, et tout le pays d’alentour dut subir la présence dévastatrice d’une soldatesque sans frein. Aux malédictions qui retentissaient de toutes parts contre l’empereur dans l’Allemagne entière, se joignirent alors celles de l’Italie, et du conclave même s’élevèrent au ciel des vœux secrets pour le bonheur des armes protestantes '.

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