‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome second. 6Chapitre 66 sur 219 · Dans la première édition : « Des armes suédoises · texte numérisé non relu

Dans la première édition : « Des armes suédoises

schiller. — msr. n 9

130 niSTOlHR DE LA GUERRE DE TRENTE ANS.

Effrayé de la haine universelle que lui avait attirée cette campagne d'Italie, et fatigué par les instances des électeurs, qui appuyaient avec zèle la demande des ministres français, Ferdinand finit par prêter l’oreille aux propositions de la France, et promit l'investiture au nouveau duc de Mantoue.

La France devait reconnaître ce service important de la Bavière. La conclusion du traité donna aux plénipotentiaires de Richelieu l’occasion souhaitée d’entourer l’empereur des plus dangereuses intrigues pendant leur séjour à Ratisbonne, d’exciter toujours plus contre lui les princes mécontents, et de faire tourner à son préjudice toutes les délibérations de l’assemblée. Richelieu, pour parvenir à ses fins, avait choisi un excellent instrument dans la personne d’un capucin, le père Joseph, qu’il avait placé auprès de l'ambassadeur, comme un attaché qui ne pouvait être suspect. Une de ses premières instructions était de poursuivre avec chaleur la déposition de Wallenstein. Dans la personne du général qui les avait conduites à la victoire, les troupes autrichiennes perdaient la plus grande partie de leur force : des armées entières ne pouvaient compenser la perte de ce seul homme. C’était donc un trait d’habile politique de venir, dans le temps même où un roi victorieux, maître absolu de ses opérations, marchait contre l’empereur, enlever aux armées impériales le seul général qui égalât Gustave en expérience militaire et en autorité. Le père Joseph, d'intelligence avec l’électeur de Bavière, entreprit de vaincre 1’irrésolu.tion de Ferdinand, qui était comme assiégé par les Espagnols et par tout le collège des électeurs. « L’empereur ferait bien, disait-il, d’acquiescer sur ce point au désir des princes, afin d’obtenir plus aisément leurs voix pour l’élection de son fils comme roi des Romains. L’orage une fois dissipé, Wallenstein se retrouverait toujours assez tôt pour reprendre son poste. » Le rusé capucin connaissait trop bien le duc de Friedland pour craindre de rien risquer en donnant ce motif de consolation.

La voix d’un moine était, pour Ferdinand II, la voix de Dieu même. « Rien sur la terre, écrit son propre confesseur, n’était plus sacré pour lui que la personne d'un prêtre. S’il lui arrivait, disait-il souvent, de rencontrer en même temps, dans le même lieu, un religieux et un ange, le religieux aurait sa première

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