‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome second. 6Chapitre 76 sur 219 · Dans les item premières éditions : « Damgarden · texte numérisé non relu

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Les ducs de Mecklembourg, chassés de leurs Etats, avaient en vain fait intercéder auprès de l’empereur les princes assemblés à Ratisbonne; en vain, pour fléchir l’empereur par leur soumission, ils avaient rejeté l’alliance de la Suède et tout recours à la force. Réduits au désespoir par le refus opiniâtre de Ferdinand, ils prirent alors ouvertement le parti du roi, levèrent des troupes et en donnèrent le commandement au duc François-Charles de Saxe-Lauenbourg. Celui-ci réussit à s’emparer de quelques places fortes sur l’Elbe; mais elles lui furent bientôt enlevées par le général de l’empereur, Pappenheim, envoyé contre lui. Peu après , assiégé par ce dernier dans Ratzebourg, il se vit contraint, après une vaine tentative d’évasion, à se rendre prisonnier avec tout son monde. Ainsi s’évanouit de nouveau pour ces malheureux princes l’espérance de rentrer dans leurs États : il était réservé à Gustave-Adolphe de leur rendre cette justice éclatante.

Les bandes fugitives de l’empereur s’étaient jetées dans la marche de Brandebourg, et elles en faisaient le théâtre de leurs brigandages. Non contents d’exiger les contributions les plus arbitraires, d’écraser le bourgeois parles logements militaires, ces monstres fouillaient encore l’intérieur des maisons, forçaient et brisaient tout ce qui était fermé , pillaient toutes les provisions, maltraitaient de la manière la plus affreuse quiconque essayait de résister, déshonoraient les femmes jusque dans les lieux saints; et tout cela se passait, non point en pays ennemi, mais dans les États d'un prince de qui l’empereur n’avait pas à se plaindre, et qu’il osait presser, malgré toutes ces horreurs, de prendre les armes contre le roi de Suède. Le spectacle de ces épouvantables désordres, que le manque d’argent et d’autorité les obligeait de souffrir, indignait les généraux même de l’empereur, et leur chef, le comte de Schaumbourg, rougissant de tant d’excès, voulut déposer le commandement. L’électeur de Brandebourg, trop pauvre en soldats pour défendre son pays, et laissé sans secours par l’empereur, qui ne daignait pas répondre aux représentations les plus pathétiques, ordonna enfin à ses sujets, par un édit, de repousser la force par la force, et de tuer sans miséricorde tout soldat impérial qui serait surpris à piller. L’horreur des vexations et la détresse du gouvernement

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