‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome second. 6Chapitre 9 sur 219 · Dans la première édilion : « Deux germes de discorde · texte numérisé non relu

Dans la première édilion : « Deux germes de discorde

que céda, elle le sacrifia à la nécessité et non à la justice. Cen’était toujours pas une paix entre deux puissances jugées égales; c’était un simple compromis entre le souverain et un rebelle qu’il n’avait pu vaincre. Tous les procédés de l’Église catholique envers les protestants semblent avoir découlé de ce principe et en découler encore. C’était toujours un crime de passer dans l’Église protestante , puisque la défection était punie d’un dommage aussi grave que celui dont la réserve menace les princes ecclésiastiques apostats. Dans la suite encore l’Église catholique préféra s’exposer à tout perdre par la force , plutôt que de céder, volontairement et en droit, le moindre avantage. On pouvait garder l’espoir de reprendre ce que la violence aurait enlevé, et ce n’était jamais qu'une perte accidentelle ; mais une prétention abandonnée, un droit concédé aux protestants, ébranlaient les fondements de l’Église catholique '. Dans le traité même de la paix de religion , on ne perdit point de vue ce principe. Ce qu’on abandonna, dans cet accord, aux évangéliques, ne fut pas cédé sans réserve : il fut expressément déclaré que toutes les clauses ne seraient valables que jusqu’au prochain concile général , qui s’occuperait des moyens de réunir les deux Églises. Alors seulement , si cette dernière tentative échouait , la paix de religion serait d'une validité absolue. Si faible que fût l’espérance d'une réunion , si peu sérieuse que fût peut-être à cet égard l'intention des catholiques eux-mêmes, on n’en avait pas moins gagné de restreindre le traité par cette condition.

Ainsi cette paix de religion, qui devait éteindre pour toujours le feu de la guerre civile , ne fut au fond qu’un expédient temporaire , un ouvrage de la nécessité et de la force ; elle ne fut point dictée par la loi de l’équité ; elle ne fut point le fruit d'idées épurées sur la religion et la liberté de religion. Une paix qui eût eu ce caractère , les catholiques ne pouvaient la donner, et, si l'on veut être de bonne foi, les évangéliques ne pouvaient encore s’en accommoder *. Bien loin de se montrer

1. Au lieu des mots « ébranlaient les fondements, etc., » on lit dans ta première édition : « Blessaient l'Eglise catholique & l’endroit le plus sensible, dans son pouvoir de sauver seule les Âmes, qui ne permet pas qu'elle tolère auprès d'elle aucune autre Eglise. »

2. Dans la première édition : « Les évangéliques eux-mèmes, en ce temps-lA, n'en avaient pas encore une notion suffisante. »

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