SCÈNE I
CARI/IS, assis à une table, la tête couchée en avant sur les bras, comme s'il dormait. Dans le foiul de la chambre, quelques officiers , qui sont enfennvs avec lui. LE MAIIOUIS DE I*OSA entre, sans être remarqué de lui, et parle à voix basse aux officiers, qui aussitôt s'éloignent. Lui-même va tout près de Carlos, et se plaçant devant lui, le regarde quelques moments en silence et avec tristesse. Enfin ü fait un mouvement qui réveille le Prince de son état de stupeur. — Carlos se lève, afKrçoit le Marquis et tressaille d'effroi. Puis, pendant quelque temps, il le regarde fixement, en ouvrant de grands yeux, cl se passe la main sur le front, comme s’il voulait se rappeler quelque chose.
LE MARQUIS
C’est moi, Charles.
CARLOS lui donne la main.
Tu viens même encore me voir? C’est jiourtant beau de ta part.
LE MARQUIS
Je me suis figuré que tu pourrais ici avoir besoin de ton ami.
CARLOS
Vraiment? L’as-tu pensé en ell'et? Vois! cela me fait plaisir.... un plaisir inexprimable. Ali! je savais bien que tu étais resté bon pour moi.
Aussi ai-je mérité d’être ainsi jugé par toi.