‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 145 sur 438 · LA PRINCÆSSE, UN PAGE · texte numérisé non relu

LA PRINCÆSSE, UN PAGE

LA PRINCESSE O tiré une sonnette.

Quo me dis-iis-tuT II y a assemblée ' ce soir?

LE PAGE

Oui. Déjà la cour se rassemble.

LA PRINCESSE

Si tu pouvais tirer à part le chapelain....

LE PAGE

Le chapelain Domingo T

LA PRINCESSE

Tu le prierais de ma part de m'attendre dans la chambre contiguë de gauche, entends-tu? jusqu’à ce que je me sois dégagée de la foule.... Une affaire importante.... 11 faut que je lui parle, dis-lui cela.

LEPAGE

A l’instant.

LA PRINCE.SSE

Dans la chambre contiguë. Tu entends?

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Bien. (Il sort.)

Puis vient, dans la Thalie, le monologue suivant, dont une partie seulement a été conservée dans la seconde édition, et qui manque entièrement dans toutes les éditions postérieures.

LA PRINCESSE, Seule. Elle se promène quelques instants, plongée dans ses

réflexions.

Moi non plus, je ne suis pas encore entièrement abandonnée.... Il me reste toujours un amant assuré, et quel amantl... Oh! vraiment, je suis ingrate. Que ne donnerait pas la plus riche des mendiantes pour s’emparer d’un seul rayon de ma damnation? Qu’cst-ce donc qui me manquerait?... Il ne peut pas aimer. Est-il donc si certain que l'amour seul puisse rendre l’amour heureux? Si l’envie, si la flatterie m’affirment unanimement que je suis heureuse, ne finirai-je pas par croire que je le suis, et par l’étre en effet? Et maintenant est-ce donc do l'amour qu'il me faut, quand mon honneur saigne?... L’amnur? En ce moment, mon orgueil ne crie-t-il pas plus haut, d'une voix plus terrible, que les vœux secrets de mon cœur?

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