SOI
Ce qu’un homme m’a enlevé, un roi peut seul me le rendre. Seule, l’ivresse de la grandeur peut endotmir les serpents attachés à mon sein. (Apres un moment de rê/lexion et d'incertitude.) Qu’est-ce qui me retient et me fait hésiter?... Le prix.... le prix mérite réflexion.... ün éternel adieu à cette intime volupté (platant la main sur .ron cœur), voilé le prix. Le prix, c’est mon innocence.... ma vertu. (Elle demeure plongée dans de profondes pensées.) Ma vertu? 11 n’en veut pas, celui pour qui je l’ai gardée. pour qui seul elle a fleuri ... il n’en veut pas, elle ne saurait le rendre heureux.... Ou bien ne doit-elle profiter qu’au ciel, et pas à moi en même temps, et pas à l’homme à qui je me suis donnée? Gardc-t-elle pour l’autre monde la fleur charmante de l’innocence? Si elle n’amasse point pour l’amour, pour qui donc la vertu amasse-t-elle? Fait-elle plus que rehausser par une noble usure les joies de l'amour? Je n'aimerai plus. Je la dégage à tout jamais de son office. Qu’elle vole rejoindre l’espérance. Je n’aimerai plus. (Après quelques moments de silence.) J’ai trouvé une femme.... une noble femme.... une seule, et j’ai cru à ce beau rêve.... Cette femme n’était que rusée!... Aurais-je, moi, la prétention d'étre ce qu’elle ne sut que paraître?... Je succombe par mon choix, mais je veux que le monde sache qu’elle a succombé comme moi ! (Elle, sort.)
Dans toutes les scènes conservées, les suppressions sont nombreuses, particulièrement dans la scène entre Aile et Domingo (voy. p. 64-67).