ACTE QUATRIÈME
Dans la scène m (p. 115), après ces mots :
€ Ce que son père lui refuse à Madrid, il le lui accordera à Bruxelles, s
U y a dans l'édition de 1787 treize vers, supprimés dans les suivantes, et dont voici la traduction :
LA REINE
Le fera-t-ilT Vous l’espérez avec tant de conBancel
LE MARQUIS
11 y sera forcé , j’espère. Ce que pourront les forces unies des Pays- Bas contre la puissance de Philippe, serait chose è calculer.... Mais non , la lutte ne sera pas si sanglante. L’Europe ménagera la paix entre le père et le fils. Charles parlera de soumission.... et nécessairement l'humilité, à la tête d'une armée , fera merveille. Le roi aura le choix de pardonner généreusement ou de frapper un coup incertain. Comment pourra-t-il hésiter?... Le même homme qui a repoussé une juste prière fermera les yeux sur un crime.
LA REINE
Vous lui avez parlé aujourd’hui et soutenez cela T etc.
L’entretien de don Carlos et du comte de terme (p. 1 3i) est suivi , dans la première édition, des deux scènes que voici ;
Un cabinet de la princesse d'Éboll.
LA PRINCESSE D’ÉBÜLl; DO.MINGO, qui entre à Cinslant.
DOMINGO
Princesse, avez-vous entendu parler...?
ÉnoLi.
De quoi? Vous êtes eifrayant, chapelain.
DOMINGO
Du nouveau ministre que nous avons?
APPENDICE
ÉBOLI
Comment ? Elle est donc vraie , cette nouvelle extraordinaire qui déjà remplit toute la cour’?
DOMINGO
Vous y avez aussi votre part. Je vous félicite , souveraine d'une nuit d’été 1
LE DDC D’ALBE entre; LES PRÉCÉDENTS.
ALBE , à la princesse.
Percei-moi le cœuri C’est moi-méme qui l’ai conduit au loi.
DOMINGO
Mais aussi qui pouvait prévoir?
ALBE
Tant pis! L’homme qui a été si habile à tromper, qui par son chant nous a endormis, vous et moi, d’un tel sommeil, celui-là peut plus encore.
DOMINGO
• On n’a plus besoin de nous.... > Duc, vous avez entendu?
ÉBOLI
Comment cela s’est-il passé? Si vite! Je ne comprends pas.
ALBE , plongé dans de profondes réflexions.
Que donnerais-je maintenant pour un ennemi tel qu’a été l’infant !
Très-bien dit! Par le ciell si je vous comprends, vous avez lu dans ma pensée, Tolède.
ALBE
Au fond, vous dis-je, il est bon. i
DOMINGO
Je le dis aussi.
ALBE
Et digne d’un meilleur sort.
DOMINGO. . ,
Je l’ai toujours pensé.
ALBR, après une rapide méditation Chapelain, vous venez avec moi?
DOMINGO
Où? Que voulez- vous ? '
ALBE
Détruire ma propre parole, quitte à la faire revivre en son temps. (/{ sort.)
DOMINGO
Et vous, princesse, vous gardez le silence?
ÉBOLI
Faites , vous , ce qui vous parait bon et nécessaire. Moi , je ne serai jamais son amie. ( Domingo suit le Duc. Don Carlos vient par l'autre porte.)
1. Cette question d'Eboli forme, dans les éditions suivantes, le commencement de 1a quinziime scène (p. 140).
DON CARLOS
La scène entre la Reine, Allie et Domingo, qui est la quatorzième des Œurres complètes (p. ni), forme la ringt-troisièmede la première édition, et y est précédée, d'abord, des si ùnes xvi à xxi, qui correspondent aux scènes xv à XX de notre traduction (p. 140-147), puis de la scène xxii, que voici, qui a été supprimée à partir de la seconde édition ;
LA REINE et la DuenessE d'olivarf.z tii-nnenl du cabinet delà Beine.
LA REINE
Est-elle partie?
OLIVAREZ
En proie au désespoir. Son sort est affreux.
LA REINE s’approche d'une fenflrt, l'air inquiet.
Mais où peut rester la comtesse Fuentés? Elle devait m'apporter des nouvelles.... (f/n Paye entre et dit quelques mots à la grande Haitresse, qui Sé tourne ensuite vers la Peine. )
OLIVAREZ
Le duc d'Albe et Domingo, Votre Majesté....
LA REINE parait surprise.
Domingo et le duc d'Albe.... Albc et Domingo?
OLIVAREZ
Ils demandent humblement deux minutes de gracieuse audience.
LA REINE, après un moment de réflexion.
Ce qu'ils peuvent me vouloir? Eh ! mais je vais l'enlcndre.... Introduisez-les. (Le Paye sort. La grande .Maîtresse se retire dans le cabinet.)
Pour les représentations de don ratios à Weimar, Schilier substitua, en 179G, aux dernières paroles du marquis de Posa, dans la scène xvii du quatrième acte (p. 143), le monologue suivant, qui a été communiqué é M. Boas par .M. KrUger, acteur de la cour à Berlin, lequel l'avait lui-méme récité plus d'une fois à Weimar :
LE MARQUIS DE POSA, Seul. Il se promène d'abord, tout pensif, pendant quelques instants.
.... Ainsi je le sauverai et j’attirerai sur moi-mémo le tonnerre de la vengeance.... Je veux déconcerter l'esprit du roi. Je m'accuserai moiméme comme le coupable, et je lui procurerai le temps de s'échapper. Mais comment accomplirai-je mon dessein?... Comment? Est-il donc si difficile d'éveiller le soupçon des tyrans ? Le bien seul a de la peine é parvenir jusqu'au trône; mais le mal, par mille chemins, arrive à leurs oreilles ouvertes. Ni serrure, ni verrou, ne protège contre leur irruption; ils brisent eux-mémes le sceau sacré des lettres. Gràrcs soient rendues à la fraude des tyrans, pour qui rien n’est sacré, rien fermé. Ils me préleronl leur propre instrument pour délivrer mon ami de leurs mains. {Il sort.)
APPENDICE