‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 166 sur 438 · Hisloria de Espana, Madrid, 1700-1727, 16 vol. in · texte numérisé non relu

Hisloria de Espana, Madrid, 1700-1727, 16 vol. in

APPENDICE

suite des événements. Ce sera peut-être un contraste d’une apparence gothique, de voir deux siècles très-différents se heurter dans les portraits de Philipi>e et do son fils; mais je tenais à jusiiûer Ihomino, et le pouvais-je faire autrement et mieux que par l’esprit dominant de son temps?

Toute la marche de l’intrigue sera, je me le figure, révélée dès ce premier acte. Au moins élait-co mon intention, et je tiens que c’est la première condition è laquelle doit satisfaire la tragédie. Les deux caractères principaux se dévelop[>enl tout d alxird avec une force et dans une direction qui font deviner au lecteur où et quami et avec quelle violence ils se choqueront dans la suite.

Un drame accompli doit, comme nous dit VVieland , être écrit en vers, ou sans cela ce n’est point un drame parfait et qui puisse concourir, pour l’honneur de la nation, avec l'étranger. Ce n’est point pour me donner l'air de tenter celte concurrence, mais parce que j'ai reconnu pour convaincante la vérité de celte assertion, que j'ai fait mon Carhis en iamiies, mais en iambes non rimés; car je suis si loin rie souscrire it la seconde exigence de Wieland qui fait de la rime une condition essentielle d’un bon drame, que je la considère plutôt comme un luxe peu naturel de la tragédie française, un expiaient désespéré de la langue do nos voisins, une misérable remplaçante de la véritable harmonie, dans l’é[ioi)éc, s'entend, et dans la tragédie. Aussitôt que les Français pourront nous offrir un chef-d’œuvre, dans l'un do ces deux genres, en vers sans rimes, nous leur en donnerons un semblable en vers rimés.

Le lecteur se rendra service à lui-méme et au poè'le si, avant de lire CCS fragments, il veut bien feuilleter rapidement l’histoire do don Carlos, prince d’Espagne, de l’abbé de Saint-Réal, dont la traduction a paru récemment à Eisenach. J’interromps de temps en temps le dialopie par des récits, parce qu’il peut se faire que toute la pièce paraiss(‘ successivement en fragments de ce genre, et qu’ainsi je jHiurrais aisément, sans celte précaution, être victime d’un libraire ou d’un directeur de spectacle, qu; imprimerait en entier mon don Carlos, ou le traînerait avant le temps sur les planches de son théâtre.

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