AVIS RELATIF A DON CARLOS
Inséré dans le troisième cahier de la Thalle.
Il est â peine besoin de faire remarquer que don Carlos ne peut devenir une pièce de théâtre'. L’auteur a pris la liberté de franchir les limites
1. On reprochait généralement aux premières p.irticsdo d<m Carlos, publiées dans la Tholie, d'éira beaucoup trop longues pour le théâtre. Cet avis a pour
DON CARI, OS
(lo la scène, et ne sera par conséquent pas jugé d’après cette mesure. La furmo dramatique a une application bien plus étendue que la poésie théâtrale, et l’on enlèverait à la poésie un grand domaine, si l’on voulait restreindre à la scène et à scs lois le dialogue en action. Les règles du genre doivent leur origine ans premiers modèles du genre. Celui qui se servit d'abord de la forme dramatique y joignit 1a rigueur théâtrale ; mais poiu-quoi ce premier emploi serait-il une loi pour la poésieT Ce qui importe au poète, c’est d’atteindre le plus grand effet qu’il puisse imaginer. Si cet effet est possible dans les limites du genre , la perfection relative et la perfection absolue sont une seule et même chose; mais s il fallait sacrifier l’une des deux â l’autre , le sacrifice moindre et qu’il faudrait faire serait sans doute celui des règles du genre. Don Carlos est un tableau de famille d’une maison royale.