‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 179 sur 438 · I. Voy. Don Carlos, acte IV, scène 21, p · texte numérisé non relu

I. Voy. Don Carlos, acte IV, scène 21, p

Sun DON CARLOS.

plus encore. 11 faut que le prince soit délivré do ce danger, il faut qu’il soit arraché à cette situation d'esprit, si les projets de délivrance de la Flandre doivent s’accomplir; et c’est le m.nrquis sur qui nous comptons pour celte double tâche, et qui même nous donno de l'espoir à cet égard.

Mais ce qui a mis le prince en danger a fait naître aussi chez le roi une disposition d'âme qui lui fait sentir pour la première fois le besoin de l’épanchement. Les souffrances de la jalousie l'ont ramené, de la contrainte contre nature de son étal, à la condition primitive de l'humanité, lui ont fait sentir ce qu’il y a do vide et do factice dans sa grandeur despotique, et ont éveillé en lui des désirs que ni le pouvoir ni la majesté no peuvent satisfaire.

« Roi!... seulement roi, toujours roi!... Pas de meilleure réponso f qu’un écho vide et creux 1 Je frappe ce rocher et je veux de l’eau , do « l'eau pour ma soif, dans ma fièvre ardente.... et il me donne.... un or t brûlant >

Il n’y avait qu’un concours d'événements comme celui que nous voyons qui pqt engendrer chez un monarque comme Philippe II une telle disposition, et il fallait qu'une telle disposition se produisit en lui pour préparer la suite de l'action et pour rapprocher de lui le marquis. Le p<>ro et le fils ont été conduits par des voies toutes différentes au point où le poëtc avait besoin do les placer; par des voies toutes différentes, ils ont été l’un et l’autre attirés vers le marquis de Posa, en qui seul désormais va SC concentrer l’intérêt, jusqu'alors divisé. C'est la passion do Carlos pour la reine, ce sont les conséquences inévitables qui en découlent pour le roi, qui seules ouvrent au marquis sa carrière; aussi était-il nécessaire que la pièce commençât par lâ. A côté de cet amour, le marquis devait être tenu dans l’ombre, et jusqu'à ce qu'il pât dominer toute l’action, il fallait qu’il se contentât H’un intérêt secondaire, parce que c’est uniquement de cette source qu’il pouvait tirer tous les matériaux de son activité future. L’attention du spectateur ne pouvait donc pas en être distraite avant le temps, et pour cela il était nécessaire que cet amour occupât d’abord les esprits comme action principale, et qu’au contraire l'intérêt qui devait ensuite devenir l'intérêt dominant, ne fût annoncé do loin que par quelques indications. Mais aussitôt que rédifice est élevé, l'échafaudage tombe. L'histoire de l’amour de Carlos, qui n’était que l’action préliminaire, recule, et fait place à celle qu’elle n’a fait que préparer.

Les mobiles cachés du marquis, qui ne sont autres que là délivrance do la Flandre et le destin futur de la nation, mobiles qu’on n'a pu qu'entrevoir sous le voile de son amitié, se montrent maintenant au grand jour, et commencent à s’emparer do toute l’attention. Carlos, comme il ressort suffisamment de ce qui précède, n’avait été considéré par lui que comme l’instrument unique et néce.ssaire do ce projet, poursuivi avec tant d’ardeur et de constance, et, comme tel, il avait compris Carlos dans le même enthousiasme que le projet. De ces motifs plus généraux devait

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