HUITIÈME LETTRE
Mais, direz-vous, pourquoi toute cette discussion? Qu’importe que ce soit un mouvement involontaire du cœur, l'harmonie des caractères, un penchant impérieux, personnel et réciproque, ou des influences étrangères et un libre choix, qui aient formé entre eux les liens de l'amitié? Les effets restent les mêmes, et rien n'est changé par là au cours même de la pièce. Pourquoi donc [irendre tant de peine pour tiror le lecteur d'une erreur qui lui est peut-être plus agréable que la vérité? Que deviendrait le charme do la plupart des phénomènes moraux, si l'on éclairait toujours la plus intime profondeur de l'ûme humaine, et s'il fallait en quelque sorte assister à leur production ? Il nous suffit que tout ce qui est cher au marquis soif réuni dans le prince, soit représenté par lui, ou du moins ne puisse être obtenu que par lui ; il nous suffit que cet inté- ' rêt accidentel, conditionnel, que Posa ne fait que prêter à son ami, il finisse par le confondre inséparablement avec la personne de celui-ci, et
1. Voy. Don Carloi, p. ISO. Schiller a depuis retranché de la pièce plus de la moitié de ce morceau.