‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 202 sur 438 · UN QUATRIÈME · texte numérisé non relu

UN QUATRIÈME

C’est à vous que nous devons de vivre en hommes, de jouir de notre vie.

DE HUTTEN , pcrdu cidns ses réflexions.

Oui, oui.... le sol était bon, et si l'arbuste rampant ne s'est pas élevé h la hauteur d’un arbre, ce n’est pas que le soleil refus.lt ses rayons bienfaisants.... Ce n'est pas ma faute si vous êtes restés coucliés où je vous ai jetés. Votre propre aveu vous condamne. Cette satisfaction me prouve que j’ai perdu ma peine avec vous. Si, à vos yeux, il eût manqué quelque chose à votre bonheur, cela vous aurait, pour la première fois, conquis mon estime. (Se diloumant.) Soyez ce que vous pouvez être.... Je n’en poursuivrai pas moins ma route.

UN HOMME , du milieu de la foule.

Vous nous avez donné tout ce qui pouvait nous rendre heureux. Donnez-nous encore votre amour.

DE HUTTEN, ovec utie sombre gravité.

Malheur à toi, qui me rappelles combien de fois ma folie a prodigué ce 'trésor! 11 n’y a aucun visage dans cette réunion qui puisse m’entraîner à une rechute.... Mon amour?... Cliauîfe-toi aux rayons du soleil , bénis le hasard qui les a fait passer sur ta vigne, mais interdis- toi le vœu téméraire de te plonger dans leur source brûlante. Ce serait une triste chose pour toi et pour lui que, pour t’éclairer, il dût te connaître; que, dans sa course rapide, il lui fallût s’aiTêter au haut des cieux pour recevoir tes remercîments. Docile à sa règle éternelle, il verse le torrent de ses rayons.... sans se soucier ni de la mouche qui se ranime à leur feu, ni de. toi qui souilles par tes vices sa céleste lumière.... Pourquoi ces présents à moi?... Ce n’est pas de mon amour que vous avéz reçu votre bonheur. Je n’ai rien à recevoir du vôtre.

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