SCÈNE
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- LE TROMPETTE
Eh! il faut toujours que ça boive et dévore.
LE uiiLAN, avec un verre.
Pas encore déjeuné? Tiens, bois, chien! {Il conduit le Paysan vers la tente ; les autres viennent sur le devant.)
LE MARÉCHAL DES LOGIS, au Trompette.
Crois-tu que ce soit sans raison qu’on nous ait aujourd'hui donné double paye? uniquement pour que nous vivions dans l’abondance et la joie ?
LE TROMPETTE
Eh! mais la duchesse arrive aujourd’hui, avec la jeune princesse....
LE MARÉCHAL DES LOGIS
Ce n’est là qu’un prétexte. Les troupes qui , des autres provinces, viennent d’arriver ici devant Pilsen, on veut que , sans retard, nous nous les attachions avec du bon vin et de bons morceaux ; il faut que, sans retard, elles se trouvent satisfaites et s’unissent plus étroitement avec nous.
LE TROMPETTE
Oui , il se trame encore quelque chose.
LE MARÉCHAL DES LOGIS
Messieurs les généraux et les commandants....
LE TROMPETTE
C’est fort suspect, à ce qu’il me semble.
LE MARÉCHAL DES LOGIS
Qui se sont rassemblés ici en si grand nombre.. .
LE TROMPETTE
On ne les a pas fait venir pour s’ennuyer.
LE MARÉCHAL DES LOGIS
Et ces chuchotements, et ces gens qu’on dépêche,...
LE TROMPETTE
Oui, oui!
LE MARÉCHAL DES LOGIS
Et cette vieille perruque de Vienne qu’on voit rôder depuis hier*, avec sa chaîne d’or de haute faveur : cela signifie quelque chose , je parie.
l. Pour ULtisfaire Goethe, qui d'abord, en recevant le manuscrit, avait eiprimé dei doutes au sujet du mot perruque, parce qu’il Ignorait alors si, dis
LE CAMP DE WALLENSTEIN
LE TROMPETTE
CV.st encore quelqu’un de ces limiers , prenez-y garde , qui se met en quête du duc. ’
LE MARÉCHAL DES LOGIS
Vois-tu bien ? Ils ne se fient pas à nous, ils craignent les vues secrètes de Friedland. 11 est, à leur gré, monté trop haut; ils voudraient bien le faire descendre.
LE trompette.
Mais nous le maintiendrons, nous, à sa hauteur. Si seulement tous pensaient comme vous et moi!
LE maréchal des LOGIS.
Notre régiment et les quatre autres que commande Terschka, le beau-frère du duc, sont le corps le plus résolu de tout le camp, le plus dévoué , le plus attaché à sa personne; car enfin c’est lui-même qui nous a enrôlés, qui a nommé tous nos officiers : ils sont tous à lui , corps et âme.