‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 249 sur 438 · U.LO · texte numérisé non relu

U.LO

Si nous voulions tous être scrupuleux à ce point ! L’empereur ne nous donne rien.... C’est du duc que nous vient tout ce que nous espérons, tout ce que nous avons.

ISOLANI, àlllo.

Frère, vous l’ai-je déjà raconté? Le prince veut satisfaire mes créanciers ; il veut lui-même être désormais mon caissier et faire de moi un homme rangé. Et voilà la troisième fois, songez donc, que sa royale générosité me préserve de la ruine et sauve mon honneur.

ILLO

Que ne peut-il toujours ce qu’il ferait de si bon cœur ! 11 donnerait à ses soldats des terres et des vassaux. Mais comme ils lui raccourcissent le bras à Vienne et lui coupent les ailes, tant qu’ils peuvent!... Voyez ces nouvelles et belles prétentions qu’apporte ce Questenberg !

LES PICCOLOMINI

BUTTLER

Je me suis laissé dire aussi quelques mots de ces prétentions impériales.... Mais j’espère que le duc ne cédera sur aucun point.

Sur son droit, assurément non! Pourvu seulement qu’il ne quitte pas la place I

BUTTLER , frappé de ce langage.

Savez-vous quelque chose? Vous m’ellraycz.

ISOLANI, CM tnême temps.

Nous serions tous ruinés.

ILLO

Brisons là! Je vois tout juste notre homme qui vient là-bas, avec le lieutenant général Piccolomini.

BUTTLER, secouant la tête (tun air inquiet.

Je crains que nous ne partions pas d’ici cbmme nous sommes venus.

SCÈiNE II.

LES PRÉCÉDENTS, OCTAVIO PICCOLO.MINI, QL’ESTENBERG. ocTAViO, encore dans l’éloignement.

Comment? Encore de nouveaux hôtes? Avouez-le^ mon ami, il fallait cette lamentable guerre pour réunir dans l’enceinte d’un seul camp les fronts couronnés de gloire de tant de héros.

QUESTENBERG.

Il ne faut pas venir dans un camp de Friedland, si l’on veut penser du mal de la guerre. J’en aurais presque oublié les fléaux quand j’ai vu ce sublime génie de l’ordre par lequel, tout en ravageant le monde , elle subsiste elle-même, quand j’ai vu les grandes choses qu’elle a créées.

OCTAVIO

Et voyez là! une paire de braves qui ferme dignement ce cercle de héros. Le comte Isolani et le colonel Buttler.... Eh! nous avons là sous les yeux à la fois tout le métier de la guerre. (Présentant Buttler et Isolani.) Voilà la force, ami, et voici la célérité.

QUESTENBERG, O Octavio.

Et entre les deux la sagesse expérimentée.

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