‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 265 sur 438 · ACTE II, SCf:NE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCf:NE II

Hongrie avait coutume de me nommer toujours sa chère cousine, de m’embrasser quand je la quittais.

Et cette fois elle a omis de le faire?

LA DUCHESSE, séchaiit ses larmes, après une pause.

Elle m’a embrassée, mais seulement quand j’avais déjà j>ris congé d’elle. Comme j’allais vei’s la porte, elle accourut à moi, rapidement, on eût dit qu’elle se ravisait, et elle me pressa sur son sein, avec une émotion plus douloureuse que tendre.

WALLE.\'STELN lui prend la main.

Possédez-vous!... Comment avez- vous trouvé Eggenberg, Lichtenstein et les autres amis ?

LA DUCHESSE, SBCOUailt la tète.

Je n’en ai vu aucun.

WALLE NSTE IN.

Et le comte amba.ssadeur d’Espagne, qui auti'efois avait coutume de parler si chaudement pour moi ?

LA DUCHESSE

11 n’avait plus de langue pour vous.

WALLENSTEIN

Ainsi les soleils ne brillent plus pour nous, il faut que désormais notre jjropre feu nous éclaire.

LA DUCHESSE

Et serait-il vrai? Cher duc, ce qu’on murmure tout bas à la cour, ce ({u’on raconte tout haut dans le pays, serait-il vrai?... ce que le père l.amormain par quelques mots....

WALLENSTEIN, rapidcmeiil.

Lamormain! que dit-il?

Uu’on vous accuse d'une audacieuse transgression du plein pouvoir remis en vos mains, d'un criminel dédain des ordres suprêmes, des ordres de l'empereur ; que les Es[)agnols, l'orgueilleux duc de llavière se lèvent, comme accusateurs, contre vous ; qu’un orage s’amasse sur votre tête, bien jilus menaçant encore que celui qui autrefois vous renversa à Itatisbonne; ipic l’on parle, dit-il.... ah ! je ne puis le redire....

WALLENSTEIN, trés-altentif.

Eh bien?

LES PICCOLOMINI

LA DÜCHLSSE.

D’une seconde.... (F.llc s'arnW.)

WALLENSTEIN

D'une seconde f...

LA DUCHESSE

El plus injurieuse.... déposition.

WALLEKSTEIN.

On en parle? (.S’c promenant, fort agité, dans la chambre.) Oh! ils in’y forceront, ils m’y poussent violemment, contre ma volonté.

LA DUCHESSE, s’appuyant sur lui, dit d’un ton suppliant :

Oh! s’il en est encore temps, mon époux!... Si ce malheur peut être détourné par la soumission, la condescendance.... cédez.... gagnez cela sur la lierté de votre cœur; c’est à votre maître et à votre empereur que vous céderez. Oh ! ne souffrez ]>as plus longtemps qu’une haineuse méchanceté noircisse vos lionnes intentions par une interprétation envenimée, odieuse. Levez-vous avec la force ti'iomphante de la vérité, pour confondre les menteurs, les calomniateurs. Nous avons peu de vrais amis, vous le savez. Notre rapide fortune nous a mis en butte à la haine des hommes.... Que sommes-nous, si la. faveur impériale se détourne de nous?

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