‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 267 sur 438 · ACTE II, SCfcNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCfcNE III

LA DUCHESSE

Celait encore une tendre enfant, quand vous ôtes parti pour lever à l'empereur cette grande armée. Puis, quand vous êtes revenu de l’expédition de Poméranie, votre tille était déjà au couvent, où elle est restée jusqu’à présent.

WALLENSTEIX.

Pendant qu’ici, en campagne, nous travaillions à sa grandeur, à lui conquérir ce qu’il y a de plus haut .sur la terre. Nature, la tendre mère, a, de son plein gré, dans les paisibles murs du cloître, déi>arti à la chère enfant les dons divins, et elle la conduit, gracieusement parée, au-devant de .son brillant destin et de mon espérance.

LA DUCHESSE , à la Princesse.

Tu n’aurais sans doute pas reconnu ton père, mon enfant? Tu comptais à peine huit ans quand pour la dernière fois tu vis les traits de son visage.

THÉCLA

Si fait, ma mère, au premier coup d’œil.,.. Mon père n’a point vieilli.... Telle son image a vécu en moi, tel aujourd’hui il apparaît florissant à mes yeux.

WALLENSTEIN ,. « la Dttehcsse,

L’aimable enfant! Que de délicatesse dans sa remarque, et que de raison ! Voyez , j’en voulais au destin de m’avoir refusé un fils qui pût hériter de mon nom et de ma fortune , et prolonger dans une lière lignée do princes mon existence rapidement éteinte. J’étais injuste envers le destin. Ici, sur cette tète virginale, dans sa fleur, je veux déposer la couronne de ma vie guerrière , et je ne tiendrai pas cette vie pour jierdue , si je puis un jour, la transformant en royale parure, la tresser autour de ce beau front, (/f la licnl dans ses bras, au moment oü Piccolomini entre.)

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