ACTE V, SCÈNE I
dans la vie, pur comme un enfant, ainsi que nous l’enseigne la voix qui parle au dedans de nous. Forcée de se défendre sans relikhe' contre la ruse perfide , Fàme môme la plus droite ne |)cut demeurer vraie.... C'est précisément la malédiction attachée à la mauvaise action , de se propager et d’engendrer toujours le mal. Je ne subtilise pas, je fais mon devoir. L’empereur me prescrit ma conduite. Sans doute il serait mieux de suivre partout son cœur, mais alors il faudrait s’interdire plus d’un but excellent. Ici, mon fils, il s’.agit de bien servir l’empereur, que le cœur objecte ce qu’il voudra!
MAX
Je ne dois pas, il parait, aujourd’hui te saisir, te comprendre. Le prince, dis-tu , t’a loyalement découvert son cœur, en vue d’un mauvais dessein, et tu prétends l’avoir trompé dans un bon dessein. Cesse, Je te prie.... Tu ne m’enlèveras pas mon ami.... Ne me fais pas perdre un père.
oCTAVio ri'primr un mouvement de susceptibililc.
Tu ne sais pas encore tout, mon fils. J’ai encore quelque chose à te dévoiler. (.-Iprès une pause.) Le duc de Friedland a fait ses préparatifs. Il se fie à ses étoiles. 11 compte nous surprendre non préparés.... il croit saisir déjà la couronne d’une main sûre. 11 se trompe.... nous avons agi, nous aussi. Il ne .saisira que son destin mystérieux et funeste.
Point de h:\te, mon père ! .\u nom de tout ce qui est bien , je t’en conjure, pas de ])récipitation!
OCTAVIO
11 s’est glissé par sa voie perverse, sans qu’on entendit le bruit de ses pas ; silencieuse et rusée comme lui , la vengeance s’est glissée à sa suite. Déjà elle est là, derrière lui, invisible et sombre : encore un pas, un seul pas, et, frissonnant d’horreur, il la touchera de ses mains.... Tu as vu chez moi Questenberg; tu ne connais encore que sa mission publique; il a aussi apporté * un message secret qui n’était que pour moi.
MAX
Puis-je le connaître?
OCTAVIO
.Max!... d’un seul mot, je vais mettre en tes mains le salut de
kik i,i;s Picr.oi.oMiNi.
l'ein|)irc et la vi(> de ton père. \\'allen.steii> est cher à ton cœur; un lien puissant d’amour et de respeet t’attache à lui depuis les jiremiers jours de ta jeunesse.... Tu nourris le désir-., oh! laisse-moi toujours prévenir ta conliance hésitante.... tu nourris l’espoir de lui appartenir de bien plus près encore.
MAX
■Mon père....
OCTAVIO
.le me lie à ton ro>ur, mais suis-je aussi sûr de ton empire sur toi-inémc? l*ourras-tu, d’un vi.saRe calme, paraître devant cet homme, ((uand je t’aurai une fois révélé tout son destin?
Après m’avoir révélé sa faute !
OCTAVIO prend un papier dans sa easselle et le lui présente.
MAX
Quoi? comment? l'ne lettre ouverte de Tempereur!
OCTAVIO