‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 387 sur 438 · ACTE III, SCÈNE XXI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XXI

MAX l'interrompt.

Non, mais aussi point de précipitation. Je te connais. A ton noble cœur le devoir le i)lus cruel pourrait paraître le plus pro- , cliain. Je ne cherche pas l'héroïsme, je ne veux qu’agir en lionune. Songe à ce que le prince a toujours fait pour moi. Songe aussi comment mon père l'en a payé. Ah! les beaux et libres stmtiments de l'hospitalité, la pieuse foi de l’amitié, sont aussi une sainte religion pour le cœur; les frissons de la nature les vengent cruellement du barbare qui les viole par une affreuse audace. Mets tout, oui tout dans la balance, parle et laisse décider ton cœur.

Oh! le tien a depuis longtemps décidé ; suis ton premier mouvement.

LA COMTESSE

Malheureuse!

THÉCLA

Comment le bien pourrait-il être ce que ton cœur généreux n’a pas saisi et trouvé tout d’abord? Va et accomplis ton devoir. Je t'aimerais toujours. Quel qu’eût été ton choix, ta conduite eût toujours été noble et digne de toi.... mais il ne faut pas que le remords trouble la paix de ta belle âme.*

MAX

Il faut donc que je te quitte, que je me sépare de Jpi !

THÉCLA

Te rester fidèle à toi-même, c’est l’être à moi. Le destin nous sépare, nos cœurs restent unis. Une haine sanglante divise à tout jamais les maisons de Friedland et de Piccolomini, mais nous n’appartenons pas à nos maisons.... Pars, hàte-toi, hâte-toi de séparer ta bonne cause de notre cause fatale. La malédiction du ciel pèse sur notre tête, elle est vouée à la ruine. Moi aussi, la faute de mon père m’entraînera dans l’abîme. Ne pleure pas sur moi! Mon sort sera bientût décidé. (J/ax, vivement ému, la prend dans ses bras. On entend derrière la scène des cris de « vive Ferdinand! » clameur bruyante, fougueuse, qui s'cleint lentement, et qu’accompagne une musique guerrière. Max et Thecla demeurent immobiles, se tenant embrassés.)

LA MORT DE WALLENSTEIN

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