‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome premier. 2Chapitre 116 sur 372 · Et la suite, p · texte numérisé non relu

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3. Les mois imprimés en italique sont en français dans lo texto. Le dernier (voy. quelques lignes plus bas) est bien wbmiuion.

LES BRIGANDS

divine symphonie I Les Allemands ne sont en comparaison que des valels do chiens*. — Mille tonnerres! j'aurais voulu que tu visses le gaillard jeter derrière le paravent la fillette rose , dit au laquais le cocher, qui, d'ennui et tout gelé, s'était glissé dans la salle. — Elle est tombée liés- gentiment, dit la gracieuse tante, avec beaucoup de goût, sur mon honneur! (et elle étale amplement la queue de sa robe de damas).... Que vous coule cet éventail, mon enfant?... Et aussi avec beaucoup d’expression , beaucoup de submission. .. En route, cocher!

Après cela , allez vous informer. On a joué l'Émilia*.

Voilà qui pourrait, en tout cas, m’excuser déjà de n'avoir nullement tenu à écrire )>our le théâtre. Mais ce n'est pas seulement l'auditoire , c’est aussi le théâtre même qui m'a effrayé et détourné. Je souffrirais, j’en conviens, de voir écraser à quatre pattes mainte passion pleine de vie, massacrer pitoyablement tel grand et noble trait, et violer, dans l’altitude d’un valet d'écurie , la majesté de mon brigand. Je m’estimerais heureux, du reste, si ma pièce méritait l’attention d’un Roscius allemand.

Finalement , je ne veux pas cacher que, selon moi , l'applaudissement du spectateur n’est pas toujours la mesure du mérite d’un drame Au spectateur, ébloui par la vive lumière de la réalité sensible, échappent souvent les plus fines beautés de l’œuvre , aussi bien que les taches qui s’y sont glissées, et qui ne se dévoilent, les unes comme les autres, qu’à l'œil du lecteur attentif. Peut-être le plus grand chef-d’œuvre de l’Eschyle anglais n’est-il pas celui qu’on a le plus applaudi; peut-être, dans sa rude magnificence scythique , doit-il céder à ces copies à la mode (dirai-je embellies ou gâtées?) de Gotter, Weisse et Stéphanie.

Voilà ce que j’avais à dire de mes torts envers la scène. Quant à la justification do l’économie même de ma pièce , uno préface ne suffirait sans doute pas à l’épuiser. Je l’abandonne donc à son propre destin, bien éloigné , quand bien même je trouverais que j’ai sujet do craindre la sévérité de mes juges , do les vouloir corrompre par d’élégantes paroles, ou de les rendre attentifs aux beautés de mon drame, s’il m’eût paru en contenir.

Ecrit pendant la foire de l’àques 1781.

L’Éditeur.

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