I.ES BRIGANDS
chiens magiques (le mon ennemi le destin.... Et sans doute il a été doux, le trépas de la main du fiancé? N'est-il pas vrai , Amalie?
amalie , mourante , baignée dans son sang.
Doux. ( Elle étend la main et meurt. )
le brigand MOOH , à la bande.
Eh bien, pileux compagnons! Avez-vous encore quelque chose à demander? Vous m’avez sacrifié une vie, une vie qui n’était déjà plus à vous , une vie ploine d'abomination et de honte. Je vous ai immolé un ange, bandits! Nous sommes quittes. Sur ce cadavre glt mon contrai déchiré. Je vous fais don du vôtre, etc.
Évidemment , ce dénoûment couronne toute la pièce et en outre le caractère de l’amant et du brigand.
Je suis moins content du père. Il doit être tendre et faible, et il est plaintif et puéril. On le voit déjà à la simplicité excessive avec laquelle il croit les inventions de Franz , qui en elles-mêmes sont passablement lourdes et téméraires. Un tel caractère arrangeait sans doute le poëte , pour pouvoir amener Franz à son but. Mais pourquoi n'a-t-il pas plutôt donné plus d’esprit au père , pour raffiner les intrigues du fils? Il fallait, selon toute apparence, que Franz connût à fond son père, pour qu’il crût inutile do dépenser avec lui toute son habileté. Et en général , pour le caractère de ce dernier, il faut que j’ajoute ici une critique que j’ai omise : c’est que sa tète promet plus que ne tiennent ses intrigues, qui, soit dit entre nous, sont grossières, invraisemblables, et sentent le roman.
De la sorte, à la pitié que le père nous inspire il se mêle un certain haussement d'épaules méprisant, qui affaiblit beaucoup l'intérêt. Bien qu'il soit incontestable qu'un certain degré de souffrance passive chez l'offensé excite, plus que son activité, notre ressentiment contre l'offenseur, il n’en est pas moins vrai qu'il faut, pour que nous nous intéressions à lui, qu’il nous inspire quelque estime; et si cette estime ne s'adresse pas à des qualités intellectuelles, à quoi s’adressera-t-elle? Aux qualités morales? On sait combien il importe que celles-ci se mêlent à celles-là , pour être attrayantes. De plus le vieux Moor est moins un chrétien qu’une bigote , ayant l’air de réciter machinalement des versets de sa Bible. Enfin, l’auteur traite beaucoup trop tyranniquement le pauvre vieux , et à mon sens, en admettant qu’il échappe au second acte, il aurait dû périr par lo glaive du quatrième.... Notre homme a une vio de grenouille, coriace à l’excès , ce qui sans doute venait fort à propos ’ pour lo poète. Mais quoi? le poëte est aussi médecin * , et lui aura certainement prescrit un régime.
Dans les caractères contrastants des brigands Roller, Spicgelberg , Schufterlé, Kosinsky, Schweizer, l’auteur a été plus heureux. Chacun a quelque chose qui le distingue , chacun ce qu’il doit avoir pour intéresser encore auprès du capitaine, sans lui faire tort. Le rôle d’Hermann , qui, dans’ le premier plan, était très-défectueux, a reçu, dans la seconde édition , une tournure plus avantageuse. C’est une situation intéressante que la scèno où les deux coquins, au milieu du quatrième acte,