‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome premier. 2Chapitre 125 sur 372 · propos: est en français clans le texte · texte numérisé non relu

propos: est en français clans le texte

è. Voy. ta fin de b Critique de l'auteur et la Notice biographique.

APPENDICE. 193

sc heurtent l'un contre l’autre Comme le caractère d'Hermann s’est relevé, celui du vieux Daniel a été mis dans l'ombre.

Il conviendrait que la langue et le dialogue se soutinssent plus également et fussent en général moins poétiques. Ici l’expression est lyrique et épique; là, métaphysique même; en un troisième endroit, biblique ; en un quatrième, plate. Franz devrait absolument parler autrement. Nous ne pardonnons le langage fleuri qu’à l’imagination exaltée, et il faudrait de toute façon que Franz fût froid. La jeune fille, à mon gré, a trop lu Klopslock. Si l'on ne remarque pas aux beautés que l’auteur s’est amouraché de Shakspeare, on le voit d'autant mieux aux écarts de tout genre. Le sublime ne devient jamais plus sublime par la parure poétique , mais le sentiment par elle devient plus suspect. Là où lo poète a senti avec le plus de vérité et ému le plus profondément, il a parlé comme l’un de nous. On s’attend à un progrès dans le prochain drame, sans quoi on le renverra à l’ode.

Certaines allusions historiques ne me paraissent pas tout à fait exactes. Dans la nouvelle édition, l’action a été transportée au temps de l’établissement de la paix publique en Allemagne La pièce, dans la première conception des caractères et de la fable, avait une coupe moderne : le temps a été changé ; fable et caractères sont restés ce qu'ils étaient. Ainsi s’est formée une œuvre bigarrée , pareille aux chausses d’Arlequin ; tous les personnages parlent d’une manière trop étudiée; on trouve maintenant dans la pièce des allusions à des choses qui ne sont arrivées ou n’ont pu être concédées que plusieurs siècles plus tard.

On voudrait aussi partout plus de bienséance et des teintes plus adoucies. Dans la nature, Laocoon peut hurler de douleur; mais, dans l'art, on ne lui permet qu’une mine souffrante. L’auteur peut objecter : «J'ai peint des brigands, et peindre des brigands modestes serait une faute contre la nature. — Très-bien, monsieur l’auteur! mais pourquoi donc aussi avezvous peint des brigands? »

Maintenant, que dire de la morale? Le penseur en trouvera peut-être quelqu'une dans le drame, surtout s’il l'apporte avec lui; quant aux demipenseurs et aux badauds esthétiques, on peut hardiment la leur confisquer.

Enfin, l'auteur!... car on aimo à s’informer de l'artiste, quand on roloume son tableau. La culture qu’il a reçue doit avoir été simplement intuitive et d’observation. Qu'il n’a point lu de théorie et ne s’arrangerait peut-être d’aucune, c’est ce que m'apprennent ses beautés et encore plus ses fautes colossales. On dit qu'il est médecin près d'un bataillon de grenadiers de Wurtemberg , et , si c’est vrai , cela fait honneur au discernement de son prince. Si je comprends bien son ouvrage, il doit aimer les fortes doses in emelicis aussi bien qu’in astlieticis , cl j'aimerais mieux lui donner à traiter dix chevaux que ma femme.

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