ACTE I, SCÈNE II
Bon voyage! Monte, par les poteau* de l’infamie, au faite de la gloire. A l'ombre des bois de mes pères, dans les bras de mon Amalie, de plus nobles joies m’appellent. Dès la semaine dernière, j’ai écrit à mon père pour lui demander pardon; je ne lui ai tu aucune circonstance , pas la moindre , et où il y a sincérité, là est aussi pitié et secours. Disons -nous adieu, Maurice. Nous nous voyons aujourd'hui pour la dernière fois. La poste est arrivée. Le pardon de mon père est déjà dans ces murs.
SCHWEIZER, GRIMM, ROLLER, SGIIL'FTERLÉ , RAZMAXN, entrent.
’ ROLLER
Savez-vous bien qu’on nous recherche?
GRIMM
Que nous ne sommes pas sûrs un seul instant de rester libres?
MOOR
Cela ne m’étonne pas. Qu’il en soit ce qu’il voudra! N’avezvous pas vu Schwarz ? Vous a-t-il parlé d’une lettre qu’il aurait reçue pour moi?
ROLLER
Il te cherche depuis longtemps , je soupçonne quelque chose de ce genre.
MOOR
Où est-il ? Où ? où ? (/I veut sortir à la hâte.)
ROLLER
Reste. Nous lui avons dit de venir ici. Tu trembles?...
MOOR
Je ne tremble pas. Pourquoi tremblerais-je? Camarades, cette lettre.... Réjouissez-vous avec moi. Je suis l’homme le plus heu reux qu'il y ait au monde; pourquoi tremblerais-je?
SCHWARZ entre.
moor vole au-devant de lui.
Frère ! frère ! la lettre , la lettre !
T.ES BRIGANDS
schwarz lui donne la lettre, que Moor ouvre précipitamment.
Qu'as-tu donc ? Mais tu deviens blanc comme ce mur.
MOOR
L’écriture de mon frère !
SCHWARZ
Que fait donc Spiegelberg?
GRIMM
Le drôle a perdu la tête. Il gesticule comme dans la danse de Saint-Guy.
SCHUFTERLÉ.
Son entendement a le vertige. Je crois qu’il fait des vers.
RAZMANN.
Spiegelberg ! Hé! Spiegelberg!... L’animal s’entend pas.
grimm le secoue.
Drôle! rêves-tu? ou....
spiegelberg, qui, pendant tout ce temps, est resté dans un coin de la chambre, exécutant la pantomime d'un faiseur de projets, s’élance impétueusement :
La bourse ou la vie 1 !
Il saisit à la gorge Schweizer, qui le jette tranquillement contre le mur. — Moor laisse tomber la lettre et se précipite hors de la chambre. Tous se lèvent vivement.
roller s'élance après lui.
Moor! où vas-tu, Moor? Que veux-tu faire?
GRIMM
Qu’a-t-il donc? Qu’a-t-il fait? 11 est pâle comme un mort. schweizer.
Il faut qu’il ait reçu de jolies nouvelles. Voyons!
roller ramasse la lettre par terre et lit.
• Malheureux frère ! » Cela commence sur un ton joyeux. « Je dois me contenter de t’apprendre en deux mots que ton espoir a été vain.... Notre père te fait dire que tu n’as qu’à aller où te mènent tes infamies. Tu renonceras, ajoute-t-il, à l’espoir d’obtenir jamais ta grâce en venant te lamenter à ses pieds , à moins que tu ne sois disposé à te laisser régaler de
t. En français dans le texte.