SCÈNE II
GIANETTINO DORI A, masqué, en manteau vert. UN NÈGRE. Ils sont en conversation.
Tu m’as compris.
Bien.
GIANETTINO
LE NÈGRE
GIANETTINO
Je dis : le masque blanc.
LE NÈGRE
Bien! bien! bien!
GIANETTINO
Entends-tu? Le manquer, ce serait ( montrant la poitrine du nègre) frapper là.
LE NÈGRE
GIANETTINO
LE NEGRE
Soyez tranquille.
Et un bon coup!
Il sera content.
Que le pauvre comte ne souffre pas longtemps.
LE NÈGRE
Pardon.... Combien à peu près pourrait peser sa tète? GIANETTINO.
Le poids de cent sequins.
le nègre souffle entre ses doigts. ‘
Pull! c'est léger comme de la plume.
GIANETTINO
Que grognes-tu là?
LE NÈGRE
Je dis.... que c’est une besogne facile.
GIANETTINO
C'est ton. affaire. Cet homme est un aimant, dont les pôles attirent les têtes inquiètes. Entends-tu, drôle! ne manque pas ton coup.
208 LA CONJURATION DE FIESQUE
LE NÈGRE
Mais, seigneur.... il faut que, le coup fait, je m'enfuie aussitôt à Venise.
GUNETTINO.
Eli bien! prends d'avance ton salaire. (Il lui jette une lettre de change.) Dans trois jours au plus tard, il faut qu'il soit refroidi. (Il s' en va.)
le nègre , en ramassant le billet par terre.
Voilà qui s’appelle avoir du crédit! Le noble seigneur se fie à ma parole de larron, sans signature. (Il s'en va.)