‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome premier. 2Chapitre 133 sur 372 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CALCAGNO, derrière lui SACCO. Tous deux en manteau noir.

CALCAGNO

Je m’aperçois que tu épies tous mes pas.

SACCO

Et je remarque que tu me les caches tous. Ecoute , Calcagno : depuis quelques semaines ta physionomie est travaillée d’une idée qui n’a pas directement pour- objet unique la patrie.... Il me semble , frère , que nous pourrions , toi et moi , troquer secret contre secret, et qu’au bout du compte nous ne perdrions ni l’un ni l’autre à cette contrebande ?... Veux-tu être franc?

CALCAGNO

A tel point que si ces oreilles ne se soucient pas de descendre dans mon sein , mon cœur ira au-devant de toi , à moitié chemin , sur ma langue.... J’aime la comtesse Fiesque.

sacco recule étonné.

Cela du moins , je ne l’aurais pas déchiffré , eussé-je passé en revue toutes les possibilités.... Ton choix met mon esprit à la torture , mais c’est fait de lui , si tu réussis.

calcagno.

On dit qu'elle est un modèle de la plus austère vertu. sacco.

On ment. C’est tout un répertoire d’insipide morale. De deux choses l’une ,* Calcagno : renonce à ton entreprise ou à ton cœur....

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