ACTE I, SCÈNE IX
privée. Employez-moi à quoi vous voudrez : comme votre chien de quête, votre chien courant, votre renard , votre serpent, votre entremetteur , votre valet de bourreau ; à toute besogne , seigneur; mais, par mon âme, à rien d’honnête, j’y suis lourd comme une bûche.
Sois tranquille ! Quand je veux faire présent d'un agneau à quelqu’un , je ne le lui fais pas remettre par un loup. Parcours donc Gênes sans retard dès demain matin, et vois quel est l'étal de l’atmosphère politique. Informe-toi adroitement de ce qu’on pense du gouvernement, de ce qu’on murmure sur les Doria ; sonde accessoirement ce que mes concitoyens disent de ma vie de fainéant et de mon roman d’amour. Inonde leur cerveau de vin , jusqu’à ce que les pensées de leur ceeur débordent. Voici de l’argent : tu en répandras parmi les marchands de soie. le NÈGRE , le regardant avec une certaine inquiétude.
Seigneur....
FIESQUE
Ne sois pas en peine. Il n’y a là rien d’honnête.... Va, appelle toute ta bande à ton aide. Demain j’entendrai ton rapport. ( Il sort. )
le nègre, le suivant de la voix.
Fiez-vous à moi. Il est maintenant quatre heures du matin Demain à huit heures vous aurez appris autant de nouvelles qu’il en peut entrer dans deux fois soixante-dix oreilles. {Il sort.)