‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome premier. 2Chapitre 190 sur 372 · FIESQUE, VERR1NA , BOIRGOGNINO, SACCO, CALCAGNO · texte numérisé non relu

FIESQUE, VERR1NA , BOIRGOGNINO, SACCO, CALCAGNO

fiesque rompt le silence où les a jetés l'étonnement.

Pensiez-vous que le lion dormait, parce qu’il ne rugissait pas? Seriez-vous assez vains pour vous persuader que vous étiez seuls à sentir les fers de Gènes? Seuls à désirer de les rompre? Avant que vous en eussiez entendu de loin le cliquetis, Fiesque les avait déjà brisés. (Il ouvre sa cassette et en tire un paquet de lettres, qu’il étale toutes sttr la table.) Ici, des soldats de Parme.... Ici , de l’argent de France.... Ici, quatre galères du pape. Que manquerait-il encore pour attaquer le tyran dans son repaire? Que pourriez-vous m’indiquer encore? ( Comme tous se taisent stupéfaits, U s'éloigne de la table et ajoute, avec le sentiment de sa grandeur:) Républicains, vous êtes plus habiles à maudire les tyrans qu’à les faire sauter en l'air. (Tous, hormis Yerrina. se jettent aux pieds de Fiesque, sans proférer une parole.)

Fiesque! Mon génie fléchit devant le tien.... mon genou ne le peut.... Tu es un grand homme; mais.... levez-vous, Génois.

FIESQUE

Gênes entière se scandalisait de la mollesse de Fiesque. Gênes entière maudissait ce dissolu, ce libertin de Fiesque. Génois! Génois! mon libertinage a trompé le despote astucieux, ma folie a caché à votre indiscrète curiosité ma dangereuse sagesse. Dans les langes de la volupté était emmaillotée l’œuvre merveilleuse de la conjuration. Il suffit. Par vous, Gênes me connaît. Mon plus violent désir est satisfait.

bourgognino sc jette avec dépit sur un siège.

Ne suis-je donc plus rien absolument?

FIESQUE

Mais passons sans délai de la pensée à Faction. Toutes les machines sont dressées. Je puis donner l’assaut à la ville par terre et par mer. Rome, la France et Parme me protègent. La noblesse est prête à éclater. Les cœurs du peuple sont à moi.

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