‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome premier. 2Chapitre 250 sur 372 · ACTE V, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIII

elle continue avec tristesse.) Et si mon bien-aimé vit encore.... s’il vient enfin pour tenir sa parole et emmener en triomphe sa fiancée, et qu'il trouve tout ici solitaire et muet, et que lo cadavre inanimé ne réponde plus à l’ardeur de sa joie.... Si ses baisers brûlants cherchent en vain sur mes lèvres la vie éteinte, si ses larmes coulent en vain sur moi.... Si mon père, se lamentant , tombe sur sa fille , et que le cri de leur souffrance leur soit renvoyé par les murailles nues de cette prison.... Oh! alors, alors, tais-leur mes plaintes, voûte sombre! Dis-leur que j’ai souffert en héroïne et que mon dernier souffle a été un pardon. (Elle tombe épuisée sur la pierre. — Pause. — On entend un bruit confus de tambours et de cloches derrière la scène, ainsi qu’au-dessus et au-dessous. Berthe se relève d’un bond.) Écoute, qu'est-ce que cela? ai-je bien entendu ou est-ce un rêve? Les cloches sonnent toutes ensemble, d’une manière terrible. Ce n’est pas là le même son que lorsqu’elles appelaient au service divin. ( Le bruit se rapproche et devient plus fort; elle court çà et là avec e/]'roi.) Plus fort, toujours plus fort! Dieu, c’est le tocsin! c'est le tocsin! L’ennemi a-t-il fait irruption dans la ville? Gênes est-elle en proie aux flammes?... Un tumulte affreux, épouvantable, comme le bruit d’un millier d’hommes! Qu’est-ce donc? (On frappe violemment à la porte.) On vient ici, on tire les verrous.... (Se précipitant vers le fond du théâtre.) Des hommes, des hommes! Liberté! Salut! Délivrance!

DOURGOGN'INO s'élance dans le caveau, Cépée nue à la main,quelques hommes le suivent, portant des torches.

bourgognino crie à haute voix :

Tu es libre , Berthe ! Le tyran est mort. C'est cette épée qui l’a tué.

berthe , courant dans ses bras.

Mon sauveur! Mon ange!

Entends-tu les cloches d’alarme? le bruit des tambours? Fiesque a vaincu. Gènes est libre ; la malédiction de tou père , anéantie.

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