‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome premier. 2Chapitre 251 sur 372 · I.A CONJURATION DE FIESQUE · texte numérisé non relu

I.A CONJURATION DE FIESQUE

BERTHE

Dieu4. Dieu ! C'était donc pour moi ce bruit terrible , ce son des cloches ?

BOURGOGNINO.

Pour toi, Berthe! C’est le signal de notre hymen. Quitte cet abominable cachot et suis-moi à l’autel.

BERTHE

A l’autel , Bourgognino? Maintenant, à cette heure de minuit? Parmi ce tumulte horrible, furieux, quand le monde semble sortir de ses pôles?

VERRINA entre, sans être vu, et s'arrête au seuil, sans parler.

BOURGOGNINO.

Dans cette belle et magnilique nuit, où Gênes entière fête sa liberté , comme l’alliance de l'amour. Cette épée , rouge encore du sang du tyran , sera ma parure de noce. Cette main , chaude encore de son exploit héroïque, le prêtre la placera dans la tienne. Ne crains rien, ma bien-aimée, et accompagne-moi à l’église.

(Verrina s’approche, se place entre eux deux, et les embrasse.)

Que Dieu vous bénisse , mes enfants !

berthe et bourgognino, tombant à ses pieds.

O mon père!

verrina place ses mains sur eux. — Pause. — Puis il se tourne solennellement vers Bourgognino.

N’oublie jamais combien tu l'as chèrement acquise! N’oublie jamais que ton mariage date de la liberté de Gènes. (Se tournant, avec gravité et noblesse, vers Berthe.) Tu es la fille de Verrina , et ton mari a tué le tyran. (Après un moment de silence, il leur fait signe de se lever, et dit, le coeur oppressé.) Le prêtre vous attend. BERTHE et BOURGOGNINO, à la fois.

Comment, mon père? Vous ne voulez pas nous suivre? verrina, très-sérieusement.

Un devoir terrible m’appelle ailleurs. Ma prière vous suivra. (On entend les trompettes, les timbales et les cris de joie dans le lointain.) Sais-tu le sens de cette jubilation ?

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