‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome premier. 2Chapitre 333 sur 372 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LE MARÉCHAL DE LA COUR et FERDINAND.

le maréchal , entrant à petits pas dans la chambre.

Vous avez témoigné le désir, mon très-cher....

Ferdinand, murmurant à part.

De rompre le cou à un drôle. {Haut.) Maréchal , cette lettre doit être tombée de votre poche à la parade.... encore, est- ce moi (avec un rire amer), par bonheur, qui l’ai trouvée.

le maréchal.

Vous?

FERDINAND

Par le plus plaisant hasard. Arrangez cela avec le Tout-Puissant.

LE MARÉCHAL

Vous voyez comme j’en suis effrayé, baron.

FERDINAND

Lisez ! lisez ! ( S’éloignant de lui. ) Si je ne suis pas bon au rôle d’amant, peut-être m'entendrai-je d’autant mieux à celui d’entremetteur. (Pendant que le maréchal lit, Ferdinand s'approche de la muraille et en détache deux pistolets. )

le maréchal jette la lettre sur la table et veut s'éloigner.

Malédiction !

Ferdinand le ramène par le bras.

Patience, cher maréchal ! la nouvelle me paraît agréable. Je veux mon salaire pour la trouvaille. ( Il lui montre les pistolets. ) le maréchal recule consterné.

Vous serez raisonnable , mon très-cher!

Ferdinand, d'une voix forte et terrible.

Plus qu'il ne faut pour envoyer dans l’autre monde un co- • quin comme toi. (Il le force de prendre un pistolet, en même temps il tire son mouchoir.) Prenez! Tenez ce mouchoir! Je l’ai de la courtisane !

Sur le mouchoir? Êtes-vous fou? A quoi pensez-vous?

FERDINAND

Prends ce bout, te dis-je! sans quoi tu tireras mal, pol-

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