ACTE IV, SCÈNE III
Vite! Selle les chevaux! Il faut qu’avant le coucher du soleil nous ayons passé la frontière.
KOSINSKY.
Tu plaisantes.
MOOR
Alerte! alerte! Ne sois pas long, laisse tout là, et que personne ne te voie. ( Kosinsky son.)
MOOR
Je fuis de ces murs. Le moindre retard pourrait me rendre furieux, et c'est le fils de mon père.... Frère, frère! tu as fait de moi l’être le plus misérable qui soit au monde, je ne t’ai jamais offensé.... ce n'était pas agir en frère.... Recueille en paix les fruits de ton crime , ma présence n'empoisonnera pas plus longtemps ta jouissance.... mais, assurément, ce n’était pas agir en frère. Que ton crime à jamais soit éteint dans les ténèbres et que la mort ne le réveille pas !
KOSINSKY.
Les chevaux sont là tout sellés. Vous pouvez partir quand vous voudrez.
MOOR
Impatient! Pourquoi tant de hâte? Ne dois-je plus la voir?
KOSINSKY.
Je vais débrider à l’in3tant , si vous voulez. Ne m'aviez-vous pas dit de ne pas perdre une seconde?
MOOR
Encore une fois! Encore un adieu! Il faut que je boive à longs traits tout le poison de cette félicité, et ensuite.... Attends, Kosinsky, dix minutes encore.... là derrière, près de la cour du château, et nous partons au galop.
LES BRIGANDS