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LE SOIR

( D’aprts une peinture. )

Desa-nds, dieu rayonnant.... les campajjnes aspirent après la rosée ralraiclnssante, l'iionnne épuisé languit, tes coursiers fatigués .se ralentissent.... laisse ton char descendre!

Vois (|ui, du sein de la mer aux flots do cristal, t'appelle par un sourire aimable! Ton cœur la reconnaît il? Les coursiers volent i)lus rapides; c’est Téthys, c’est ta divine épouse ijui t’appelle.

Soudain, du char qu’il conduit, le dieu s’élance dans scs bras; Cupidon saisit les rênes ; les coursiers s’arrêtent et boivent l’onde rafraîchissante.

Au ciel, d’un pas léger, monte la nuit embaumée : le doux amour la suit. Reposez et aimez! Ph.ébus aime et repose.

POMPÉIES ET HERCüL\NU\r.

Quel prodige s’accomplit? O terre, nous te demandions des sources d’eau limpide, et qu’cst-ce que ton sein nous envoie?

1. Celtt pièce est du mois de septembre tî9ô. Elle fut publiée d'abord dans raimanach des Muses de 1706. — 2. Almanach des Muses de 179*.

POÉSIES DÉTACHÉES

La vie est-elle aussi dans l’ablme? l'ne nouvelle race séjournet-elle, cachée, sous la lave? Ce qui a disparu revient-il?

Grecs, Romains, oh! venez et voyez! l'antitiue Ponipéies se retrouve, la ville d'ilercide se rehAtit. Toit contre toit, les maisons s’élèvent; le spacieux portique ouvre ses pileries: oh ! accourez pour l’animer! I>e vaste théâtre est ouvert : par Ses sept embouchures, (jue la foule à flots s’y précipite! Mimes, où restezvous? Paraissez! Que le fils d’Atrée acconqdisse le sacrifice préparé; que l’horrible choeur suive üreste!

Où conduit cet arc de triomphe? Reconnaissez-vous le Forum? Quelles sont ces ligures sur la chaise curule? Précédez, licteurs, avec vos haches! Que le prêteur monte, pour Juger, sur son tribunal ; que le témoin, que l’accusateur se présentent devant lui !

Des rues |)ropres s’étendent; une voie plus étroite, avec un pavé rehaussé, se prolonge auprès des maisons. I.es toits dépassent, offrant un abri; d’élégantes chambres, retraites intimes, se rangent autour de la cour solitaire. Mâtez-vous d’ouvrir les volets et les portes si longtemps fermés par les décombres. Que dans l’horrible nuit tombe le Jour Joyeux!

Vois comme ces Jolis bancs garnissent bien le pourtour; comme sur le sol s’élève la mosaïque toute brillante de pierres aux couleurs variées. Le mur' resplendit, tout frais encore, de Jointures d’un éclat .serein. Où est l’arli.slc? Il vient à peine de Jeter son pinceau. Formé de fruits gonflés et de fleurs gracieusement disposées, un riant feston encadre d’attrayantes images. Ici passe et glis.se un .\mour avec sa corbeille chargée; là des génies diligents pressent le vin de pourpre. La Racchante bondit en cadence; plus loin', elle repose as.soupie, et le Faune, l’épiant, ne peut se ra.ssasier de la voir. Ici, en équilibre sur un genou , elle exerce à la course le rapide llcntaure et le presse vivement de son thyrse.

Jeunes garçons, que tardez- vous? Accourez! les beaux va.ses sont encore là. Alerte, Jeunes filles! et versez le vin dans le

I. « Le mur.... d’attravanles images. » Au lieu de ce déveloiipcnient, qui forme quatre vers, la première édition n'avait que les dcui suivants :

c De sereines couleurs antinenl encore le mur; le riant feston, de ses chaînes de fleurs, encadre d’allrayanles images. »

POMPÉIES ET HERCUEANUM.

cratère d’Étrurie. Xe vois-je pas le trépied sur les beaux sphinx ailés? Attisez le feu! Vite, esclaves, garnissez le foyer.

Achetez, voici de l’argent à l’effigie du puissant Titus; la balance aussi est encore là ; voyez, pas un poids ne manque.

Mettez la lumière sur le candélabre élégamment façonné, et que la lam|)e s’emplisse d’une huile brillante!

Que renferme cette cassette? Oh! regardez ce qu’envoie le fiancé , Jeunes filles ! Des agrafes d’or , des brillantes pierres pour la parure. Conduisez la fiancée au bain odorant; voici encore les parfums onctueux , Je retrouve encore le fard dans le cristal creusé. ’

Mais où restent les hommes , les anciens? Dans le sérieux muséum est encore entassé un précieux trésor des rouleaux les plus rares. Ici vous trouvez des poinçons pour écrire , des tablettes de cire : rien n’est perdu ; la terre a fidèlement gardé son dépôt, et les Pénates aussi sont à leur place ; tous les dieux se retrouvent : pourquoi les prêtres seuls sont-ils absents? .Mercure, à la taille élégante , agite son caducée , et la Victoire s’envole légèrement de la main qui la tient. Les autels sont encore là, debout ; oh! venez, allumez.... depuis longtemps le dieu en est privé.... allumez en son honneur les sacrifices!

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