A EMMA
Dans le lointain gris et brumeux gît mon bonheur passé; il n’y a plus qu’une belle étoile où mon regard encore s’arrête avec amour. Mais, comme l’éclat d’une étoile au ciel , ce n’est qu’une lueur dans la nuit.
Si le long sommeil , si la mort fermait tes yeux, ma douleur du moins te posséderait ; tu vivrais pour mon cœur. Mais, hélas! tu vis, à la lumière du jour: pour mon amour tu ne vis plus.
Le charmant désir de l’amour, Emma, peut-il être éphémère? Ce qui a fui, ce qui passe, Emma, peut-il être l’amour? L’ardeur céleste de sa flamme meurt-elle comme un bien terrestre?
1. Publié d'abord dans l'Almanaob des Mutet de 1198, sous le titre d'Élégied Emma.
POÉSIES nÉTAClIÉES.