sl/inanach des Muses de
POÉSIES riÉTACIIÉES.
L’ATTEXTE*.
N’ai-je pas entendu la petite porte s'ouvrir? Ix; verrou u’a-t-il pasgi'nii?... Non, c’ét ait le souflle du vent qui siflle à ti’avers CCS peupliers.
Oh! pare-toi, abri vei't et toull'u, tu dois recevoir celle qui rayonne de grAce! Vous, branches, formez un réduit oinbi'agé, pour l’entourer mystérieusement d’une nuit ctiai niante! Et vous tous, zéphyrs caressants, éveillez-vous, et jouez, et foldti-ez autour de ses joues de roses, quand , d’un pas léger, scs [lieels délicats porteront leur aimable fardeau vers ce trône de l’amour.
Silence! tjui glisse à travers la haie, la fi-ois.sant dans son i"apide élan ?... Non, ce n’est que l’oiseau, que la frayeur chasse du buisson.
üjour, éteins tou llambeau! Et toi, nuit, temps où voient les yeux de l’esprit, viens avec ton aimable silence! Enveloppenous de ton créfæ de pourpre; tresse autour de nous, avec ces branches, un réseau plein de mystère! La douce volupté de l’amour fuit l’oreille curieuse qui épie; elle fuit la lumière, indiscret témoin. Elle ne soulfre d’autre conlident (ju’IIespérus, le discret Hespérus, qui regarde en silence.
De loin, tout bas n’a-t-on pas appelé? On dirait des voix qui chuchotent.... Non, c’est le cygne qui décrit ses cercles sur l’étang argenté.
I. Celle pièce pareil éire de 1796, mais elle ne fui publiée qu'en 1800 dans l’XImanadi des Huses.
roÉSlKS OÉTAr.HÉES.
I Autour (le moi résonne un fleuve d'harinonit's. source jnil-
I lissante tomlie avec un doux murmure; la fleur s’incline au baiser du z(-]iliyr, et je vois entre tous les êtres un tVliange de ' volu|)té. I-a grajipe, la pfVlie, qui, richement gonflées, épient, ce semble, derrière le feuillage, invitent à les savourer. L’air, baigné dans une mer de parfums, aspire la chaleur de mes Joues brillantes.
N’ai-je pas entendu des pas ndentir? un murmure qui approche le long de l’allée toulfue?... Non, c’est un fruit qui est tombé là-bas, [lar le poids de sa riche sève.
L’œil ardent du jour s’éteint et meurt doucement, et ses couleurs pâlissent; déjà les fleurs qui redoutent scs feux ouvrent hardiment leurs calices h la lueur du charmant crépuscule. La lune élève sans bruit son disque rayonnant; le monde se fond en grandes masses paisibles; la ceinture tombe et dégage tous les attraits de la Nature, et toute beauté s’offre nue à mes regards.
Ne vois-je pas là-bas une blanche lueur? comme l’éclat d’un vêtement de soie?... Non, c’est la statue' qui brille près du sombre rideau des ifs.
O cœur impatient, ne t’amuse plus ainsi à te jouer avec de douces apparences sans réalité! .Mon bras qui les veut saisir reste vide : une ombre de bonheur ne peut rafraîchir mon sein. Oh! amène-la-moi vivante, ici; que sa main, sa tendre main me louche! Que je voie seulement l’ombre du bord de son manteau, et mon vain rêve vit et s’anime.
Kt doucement, comme aiiparalt des hauteurs ct'de.stes l’instant du bonheur, elle s’était approchée sans être vue, et ses baisers éveillaient son ami.
1. Le mot Sùuk, qu’un a traduit p.ir « statue » dans cette strophe, sipnifie plus orilinairemorît « colonne, ■ et on poiirniil, à la rigueur, lui laisser ici co sens. Celui de - slatue * (proprement DiUisuiile) est cependant plus naturel en cet endroit, cl Schiller a employ6 de même le simple pour le composé dans le poème intitulé : Die Ideah (strophe quatre, sous sa première forme) : die Süule dtr Satur.
POfcSlKS DIÎTAOUliL-S.