LA FLOTTE INVINCIBLE
(D'après un ancien poète.)
Elle vient.... elle vient, l'orgueilleuse flotte du Midi : la vaste mer gémit sous elle. Elle s’approche avec un bruit de chaînes.
1. Au lieu de ce vœu ; « Mâle fierté, etc., » le poêle en avait d’abord exprimé deux autres, tout difTérents ; • Humanité sur le trône des rois! un cœur sensible (littéralement un tang chaud) aux juges durs ! >
2. Dans la Thalie, la pièce se termine parla strophe suivante :
< Délivrance des chaînes des tyrans; magnanimité même envers le scélérat ; espérance au lit des mourants ; grâce sur l’échafaud ! (jue les morts mêmes vivent! Frères, buvez et chantez ensemble : « Qu'il soit « pardonné à tous les pécheurs , et que l’enfer ne soit plus ! >
LE ciiœen.
a üne heure d’adieu sereine! dans le linceul un doux sommcill Frères.... une sentence bénigne de la bouche du juge des morts! »
3. L’Armada de Philippe II, roi d’Espagne. Schiller publia d’abord celle ode, comme il l'appelle lui-méme, dans une note se rapportant â un Pricit hitlo-
POÉSIKS DKTACllf i;s.
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un nouveau dieu, cl mille foudres tonnants.... Klle vo"iie, armiV flottante de redoutables citadelles.... jamais l’Océan n'en vit de semldables.... elle avance, .sur les flots ellVayés; rinvincible est son nom ; la terreur qu’elle vomit autour d'elle consacre ce titre orgueilleux. Neptune, tremblaid , porle ce fardeau d’un pas calme et majestueux. Itecélant dans son sein la ruine d’un monde, elle a]iprochc, et les tempêtes se taisent.
I.a voilà arrêtée en face de toi, île fortunée!... Souveraine des mers! c’est loi que menacent ces armées de galions, magnanime Angleterre! .Malheur à ton peuple né libre! La voilà sur tes bords, telle qu’un nuage gros de tempêtes! Oui t’a gagné ce joyau précieux par qui tu devins la reine des nations? N’as-tu pas conçu toi-même, contrainte par des rois orgueilleux, la plus -sage des constitutions? la gramk charte, qui fait de tes rois des citoyens et de tes citoyens des rois? La Hère suprématie de tes voiles, ne l’a.s-tu pas conquise dans les luttes navales sur d(>s millions d’égorgeurs?
A qui la dois-tu?... Rougissez, peuples de cette terre!... A qui, si ce n’est à Ion génie et à ton épée? Infortunée!... regarde ces colosses qui jettent la flamme; regarde et pre.ssens la chute de ta gloire! Le monde entier tî.xe sur toi des regards inquiets! Tous les hommes libres sentent battre leur cœur, toutes les âmes droites et belles pleurent , avec sympathie , la chute de ta gloire!
Du haut du ciel, le Dieu tout-puissant vil llolUu' la bannière au lion de ton sui»eil)e ennemi; il vit s’ouvrir menaçante ta tombe assurée. « Verrai-je, dit-il, mon Albion périr, et s’éteindre ma race de héros? Verrai-je crouler la digue suprême, o[)po.sée comme un roc à l’opiiression , cl disparaître de cet hémisphère toute résistance à la tyrannié? Non, non, s’écria-t-il, jamais il ne doit périr le jiaradis de la liberté, le solide rempart
riV/iie sur PhUiprisU, qu'il arail traduit de Mercier et inséré dans la Tlialie en 1786 « Un poète du temps a chanté, dit-il, cet événement remarquable (la destruction de l'Armada, en lô88) dans l'ode suivante. >