I.ES ARTISTES
L’art qui inoilostpinrnt s’éleva de l’arpile, de la pierre, l'art créateur embrasse, sans bruit, dans ses triomphes rirnmense (>mpire du fjénie. I>es découvertes , les conquêtes du savant dans le champ de la science, artistes, c’est pour vous qu’il les fait. I>es tré.sors que le penseur entasse, il n’en jouira que dans vos bras, lorsque sa science, mûre pour la beauté, se sera transformée en noble chef-d’œuvre de l’art..,, lorsqu’il montera avec vous sur la colline, et qu’à ses yeux , au doux éclat du crépuscule, la vallée pittoresque.... tout d’un coup apparaîtra. Plus vous satisfaites richement le prompt re.sard , plus l’esprit parcourt dans son vol et embra.s.se dans une délicieuse jouissance de belles et sublimes créations, unies par vous en un magique ensemble, plus la peii.sée et le sentiment se sont ouverts au jeu splendide de l’harmonie, au riche torrent de la beauté.... plus aussi lui apparais.sent , comme le beau complément des formes sublimi's du grand tout, ces éléments divers du plan du monde qui tout à l’heure, épars et mutilés, lui déliguraient la création ; plus belles sont les énigmes qui sortent des ténèbres; plus riche devient le monde (|u’il embrasse ; plus vaste s’étend la mer sur laquelle il vogue ; plus s’affaiblit la puissance aveugle de la destinée; plus s’élèvent scs instincts et .ses aspirations; plus il devient petit lui-même, et plus grand son amour. Conduisez-le doucement ainsi, dans sa cour.se insensible, par des formes toujours plus pures, des tons jdus purs, par des hauteurs toujours plus hautes et des beautés toujours plus belles , jusqu’au som- «met de l’échelle de fleurs de la poésie.... Enlin, au but suprême des temps, à l’heure de la maturité, encore une heureuse inspiration , poétique essor du dernier ilge de l’humanité, et.... l’homme glissera dans les bras de la Vérité.
Elle-même, la douce G\ pris , couronnée de son auréole éclatante, apparaîtra alors, sans voiles, sous la forme d’Uranie, à son fils sorti de tutelle, d’autant plus vite saisie par lui, qu’il a fui d’abord plus noblement loin d’elle. Telle fut la douce, la bienheureuse surprise du généreux lil.« d’Ulysse, lorsque la céleste compagne de sa jeunesse se transfigura en fille de Jupiter.
La dignité de l’homme est remise en vos mains ; gardez-la!
rOÈSlKS DKTACHKES.
Elle tombe avec vous! avec vous elle s’élèvera! La sainte magic de la poésie a son rôle bienfaisant dans un sage plan du monde; que doucement elle nous guide à l'océan de la grande harmonie.
Repoussée ])ar son siècle, que l’austère \érité se réfugie dans la poésie, et trouve protection dans le chœur des Muses. Dans toute la plénitude de son éclat, plus redoutable sous le voile de la gréce, qu’elle re.ssuscite dans le chant, et punisse par ses accents victorieux l’oreille timide et lâche de son persécuteur.
Libres enfants de la mère la plus libre, élevez-vous, le regard ferme, au trône radieux de la plus haute beauté. Ne briguez pas d’autres couronnes! La sœur qui a disparu ici à vos yeux, vous la retrouverez dans le sein de sa mère; ce que de belles Ames ont noblement senti ne peut être qu’excellent et parfait. Élevez-vous, d’une aile hardie, au-dessus du cours de votre temps! Que déjà, dans votre miroir, commence à poindre le siècle futur. Par les mille sentiers entrelacés de la riche diversité, venez, les bras ouverts, à la rencontre les uns des autres, devant le trône de l’unité suprême. Comme la blanche lumière se divise gracieusement en sept doux rayons, comme les sept rayons de l’arc-en-ciel se fondent dans la blanche lumière , ainsi jouez-vous en mille clartés magiques, aux regards enivrés; ainsi refluez, confondus, dans un seul faisceau de vérité,» dans un seul torrent de lumière.
POÉSIES DÉTACHÉES