‹ Œuvres de Schiller. Tome 1, Poésies de SchillerChapitre 185 sur 311 · ADIEUX D’HECTOR · texte numérisé non relu

ADIEUX D’HECTOR

ANMOSIAQIE.

Hector veut-il s’éloigner de moi pour toujours et courir où Achille, aux mains inaccessibles, offre à Patrocle un terrible sacrifice? Qui désormais instruira ton enfant à lancer les javelots et à honorer les dieux, si le sombre Orcus f engloutit?

, ItCCTOB.

Chère épouse, commande à tes larmes : ma brûlante ardeur m’entraîne dans la lice, au combat! Ce bras protège Pergame. C’est en défendant le saint foyer des dieux que je tomberai ; c’est comme sauveur de la patrie que je descendrai aux rives du Stjx.

ASDROMAQl'E.

Jamais plus je n’entendrai le bruit de tes armes; ton fer reposera, oisif, sous ce portique. C’en est fait de la race héroïque de Priani ! Tu iras où nul jour ne luit plus, où le Cocyte gémit à travers les solitudes, où ton amour s'éteindra dans le Léthé.

IIECTO».

Tous mes désirs, toutes mes pensées, je les veux abîmer dans le cours silencieux du Léthé; mais non pas mon amour. Écoute, le furieux se déchaîne déjà près de nos murs.... Caiins-moi mon épée, laisse là le deuil! L’amour d’Hector ne mourra pas dans le Léthé.

1. Ces slroplie» sont de I78H. Elle» suni Urées du drame des Itriganils (acte II. scène II). Le poêle, un les republiant plus lard, y a introduit de nombreux changements.

POÉSIES DÉTACHÉES

AM.-VLIE'

Il (îlait beau comme un ange, plein des voluplds du Walhalla, beau par-dessus tous les jeunes hommes. Son regard avait une douceur céleste, comme le soleil de mai, réfléchi par le miroir azuré des mers.

Ses baisers.... Sensation céleste! Comme deux flammes se saisissent, comme les sons de la hai-pe se confondent en une divine harmonie :

Ainsi son esprit et le mien s’élançaient, volaient, se fondaient l’un dans l’autre.... l-cs lèvres, les joues brûlaient, tremblaient.... L’Ame pénétrait l’Ame.... La terre et le ciel flottaient comme évanouis autour des deux amants.

Il n’est plus.... Kii vain, hélas! en vain, mes tristes plaintes soupirent après lui. Il n’est plus.... et toutes les joies de la vie vont se perdre en un cri d’inutile douleur!

1. Eitrail iii.'tlement des Brignndt (acic Ht, scène i). 1æ poêle a .suppiimé une strophe, ta seconde, et ctiangé, dans la quatrième, rai'fen en ic/iiiin(aen.

POJÎSIES DÉTACHÉES.

iiorssEAr*.

• Monument de la honle de nos tem]is, éternel opprobre de la patrie, tombe de Mousseau, je te salue! Paix et re|)os aux débris de ta vie! Paix et repos, tu les cherchas en vain; paix et repos, tu les trouvas ici!

1. Cette pièce a quatorze strophes dans l'ÀnlItologie (fîgî). Schiller n’a inséré dans le Recueil de ses poésies que la première et la septiè-me. Voici la traduction des douze autres. Elles sont déclamatoires et de très-mauvais goût. Schiller a eu raison do les supprimer, et nous ne les donnons ici que parce qu'eiles montrent bien, s.ans que les sophismes et les esagéralions qu'elles contiennent oITrent aucim danger, dans i|uelle disposition d'esprit se trouvait alors l'auteur des llriijands. Comme poésie, c’est une vraie débauche d'imagmatlon, pleine de hardiesses étranges, parfois triviales, et naturellement plus ch(H|uantes encore dan$ la traduction que dans l’original.

€ A pcinu lui est-il resté uno tombe ici-bas, à lui que l’envie chassa de royaume en royaume, que le zèle pieux ballollal Ab I des (orrenis de sang couleront un jour à son sujet, quand les villes se dispuloront 1 honneur de le saluer du nom de Gis; et, durant sa vie, il n’en trouva pas une qui voulût ôlre sa mère.

« Et qui sont ceux qui jugent le sage? De lourds esprits, scories impures, qui fuient cl vont au fond sous le regard d’argent du génie; de vils rebuts do l'oeuvre du ('.réateur; en face du géant Rousseau, des nains puérils, pour qui jamais l’romélbéc n'ulluma son feu;

« Des ponts jetés entre l’insliiiet et la pensée, des lambeaux mal cousus aux limites extrêmes de riiumanilé, là où déjà pèse un air plus grossier; des natures implantées après coup dans les intervalles qui séparent los genres, à ce point où grimace le singe, exubérance do la classe des brutes, et où riuimanilé commeuce à sc dénaturer.

€ l’héuoiiiène unique et nouveau.... lu apparus, comme un soled errant, aux tives de la Garonne, vrai méléorc |M)ur les cervelles de Franco. La débauche et la famine enfantent des contagions; 1a démence déchaîne la guerre dans les empires.... A iiui la faute? A la pauvre étoile errante.

Ta l’aniuü rèvait-elle donc? E-l-cc dans le délire de la fièvre qu'elle

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Quand donc l'antique plaie se cicatrisera-t-elle î Autrefois il faisait sombre dans ce monde, et les sa$;es mouraient; aujoud’hui il y fait plus clair, et le sage meurt ! Socrate a péri par des sophistes; üousseau souffre, Uousseau meurt par des chrétiens, Rousseau.... qui des chrétiens veut faire des hommc.s.

imagina de t'allailer sur les bords de la Seine? Ah ! déjà jo vois la stupeur de nos neveux, lorsqu'au son des trompeurs de la résurrection, ils verrotiL d'une tombe française.... Uousseau se lever.

« Quand donc l’antique plaie, etc

X Ah! fille du ciel, Religion, sois bénie! Je t'embrasse avec une ardeur qui s'epand en cris de joie! Par toi, îles mondes deviennent frères, et j'entends murmurer le doux souffle de l'amour autour des campagnes que lu salues dans ton vol.

c Mais malheurl... Tes regards deviennent des traits de basilic.... les douces mélodies rie la voix, des hurlements de crocodile; les hommes saignent sous ta dent, quand des imans qui bavent la perdition te dénaturent en Érinnys.

n Oui, au dix-huitième jubilé séculaire, è compter du jour où la femme enfanta le fils du ciel (historiens, no l'oubliez jamais!), ici de plus habiles Périllus ont inventé un beuglement plus musical encore que celui qui jadis sortit du taureau d'airain.

( Que le monstre qui a nom Préjugé se dresse, à Rousseau! comme un mur infranchissable, devant les hardis réformateurs; que la Nuit et la Sottise s'associent méchamment pour barrer toute voie è la lumière ; qu'elles marchent contre toi et livrent l'assaut à ton ciel!

•t Que, dans sa faim brûlante, l'Inlérét, hyène aux cent gueules, enfonce ses crocs jaunes daps ta pauvreté; défendu par une cuirasse d'airain contre les larmes des orphelins, par un rempart de tours contre les plaintes lamentables, qu'il bâtisse, sur des ruines, des châteaux d'ori

t Va, noble victime de ce triple dragon; saule avec joie dans la nacelle de la mort, grand patient, franc et libre. Val raconte lâ-baul, dans le cercle des esprits, ce rêve de la guerre des grenouilles cl des rats, ce vacarme de foire do la vie.

< Tu n'étais pas fait pour cette terre.... tu fus trop honnête pour elle, trop grand.... trop humble peut-être.... Rousseau, et pourtant tu fus un chiét:cu. Que lu Folio mène à la Ihière ce monde! Relourne chez toi, chez les anges tes frères, d'entre lesquels tu l'es échappé, s

■■ , lA- ■s.’ '

Olgilizeelb

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