A UN MORALISTE
Pourquoi t’irritos-tu contre notre jeunesse, noire vie joyeuse, et nous viens-tu pn'cher que l’amour est frivolité? Engourdi dans les glaces de l’hiver, tu gourmandes le brillant mois de mai.
.Tadis, quand tu donnais encore la chasse au peuple des nymphes, que tu volais, héros du carnaval, dans le tourbillon de la danse allemande, que tu berçais dans tes deux bras un paradis de délices, et que tu aspirais l’arome du nectar aux lèvres d’une amante.
Ah! Céladon, si alors le globe pesant de la terre avait glissé de dessus ses gonds.... enlacé des nœuds de l’amour dans les bras de Julie, tu n’aurais pas entendu le fracas de sa chute!
Oh! rappelle-toi les jours de ton printemps, et retiens bien ceci : notre philosophie change avec les battements de nos artères; jamais des hommes tu ne feras des dieux.
Heureux ei, parmi les glaces de la raison trop sage, le sang parfois s’échautlé et bondit un peu plus vif! Laisse aux liabitants d’un monde meilleur ce qui jamais ne réussit aux mortels.
Car enfin son compagnon terrestre retient l’esprit, né île Dieu, dans les murs d'une prison. Il m’empêche de devenir un ange ; je veux le suivre, pour être homme.
1. Dans ce poëme a dou/.e strophes. Le titre y est suivi du Diot
Fragment.
scinuF.R. — poKsiks. 28
POÉSIES DÉTACHÉES