AMITIÉ
N’est-ce pas cette impulsion toute-puissante qui poussa nos cœurs l’un vers l’autre, à l’éternelle alliance, à la fête de l’amour? llaphaël.... ô délice! appuyé sur ton bras.... je m'élance, moi aussi, vers le grand soleil des esprits; je m’engage, ardent et joyeux , dans la route de la perfection.
Heureux! heureux! je t’ai trouvé! à loi, parmi des millions d’êtres, je me suis altaclié; à moi, parmi des millions d’êtres, tu appurliens.... Que le chaos bouleverse ce monde, qu’il confonde les atomes: nos cœurs éternellement voleront l’un vers l’autre.
Ne faut-il pas que dans tes yeux de flamme j’aspire le reflet radieux de mes joies? Ce n’est qu’en toi que je m’admire.... Dans les traits de l’ami cette terre, si belle, se peint plus belle encore; le ciel s’y reflète plus pur, plus enchanteur.
La tristesse, pour se reposer plus doucement de l’orage de la douleur, dépose le fardeau de ses larmes inquiètes dans le sein de l'amitié.... L’extase même du bonheur, ravissante torture, ne cherche-t-elle pas impatiemment dans les regards éloquents d’un ami une tombe délicieuse?
Si j’étais seul dans l’immensité de la création, mes rêves donneraieiTt des âmes aux rochers , et je les baiserais , les serrant dans mos bras.... J'exhalerais mes plaintes dans les airs, et, si les grottes me répondaient, je me réjouirais.... insensé vraiment!... de leur douce sympathie.
Nous sommes des groupes inanimés.... lorsque nous haïssons; des dieux.... quand nous nous étreignons avec amour, quand nous soupirons après la douce contrainte des liens du cœur.... Elle monte par les degrés inlinis des esprits innombrables qui n’ont point créé, elle règne divinement, cette attraction puissante.
liCS bras enlacés, montant, montant toujours, depuis le .Mongol jusqu’au Grec inspiré, qui touche au dernier Séraphin,
kkO POÉSIKS DÉTAC.IIÉKS.
nous avançons, formant une roiiiie unanime, jusqu’à ce que, bien loin, dans l’océan de réternelle lumière, meurent et s'abîment la mesure et le temps....
Il était sans amis, le grand maître des mondes, il sentit un vide.... C’est pour cela qu’il créa des esprits, miroirs bienheureux de sa béatitude! Sans doute l'Être suprême n’a rien trouvé qui lui fût égal ; mais du calice immense de tout l'empire des âmes, pour lui monte et déborde l'inlini!