‹ Œuvres de Schiller. Tome 1, Poésies de SchillerChapitre 194 sur 311 · L’EXTASE · texte numérisé non relu

L’EXTASE

A LAlilÆ.

Laure, il me semble que je fuis au-dessus de ce monde.... que , je rayonne de Védat printanier du ciel , quand ton regard se ' reflète dans mon regard; je rêve que j’aspire le pur éther, quand mon image flotte dans le doux miroir de tes yeux d’azur.

Dans mon transport, des .sons de lyres d’un paradis lointain, des vibrations de harpes, qui partent d’autres globes, plus riants que le nôtre, pénètrent mon oreille enivrée; ma muse goûte les délices de l'heure du berger, quand de tes lèvres brûlantes de volupté s’échappent à regret des notes argentines.

Je vois les amours agiter leurs ailes, et bondir derrière toi les pins enivrés, comme animés p.ir l’appel de la lyre d’Orphée ; je sens les pôles rouler, plus rapides, autour de moi, lorsque, dans le tourbillon de la danse, tes pieds flottent et fuient, comme la vague.

Tes regards.... quand ils sourient d’amour, i)Ourraicnt allumer dans le marbre le feu de la vie, faire pal]iiter les veines des rochers; les rêves, autour de moi, se changent en réalité, pourvu que je puisse lire dans tes yeux ; • Ma Laure, ma l..aure, à moi ! »

l. Dans r.4n(/io/o9i>^ c^tte pitce était intitulée « Les heureux moments.

POÉSIES DÉTACHÉES

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